30.09.2008

Blog, mode d'emploi

Voilà, ce blog est terminé, enfin jusqu'à preuve du contraire!

Juste un petite message pour les personnes qui tomberaient dessus par hasard et qui voudraient y jeter un coup d'œil.
Le blog regroupe deux grandes parties, classées chronologiquement,

-Une première partie concernant l'Asie, 2 mois au Népal et un mois en Chine. Les articles sont variés et détaillés au jour le jour, de plus ils sont agrémentés de nombreuses photos (les mêmes que dans les albums).

-Une seconde partie dédiée à l'Amérique du sud, 5 semaines au Pérou et en Bolivie. Les notes sont simplement un compte rendu des activités afin de donner quelques nouvelles et faire rapidement partager nos aventure. Aucune photo de cette partie n'est disponible pour le moment.

Enfin, différents albums sont aussi disponibles avec une sélection de photos des endroits visités et des rencontres effectuées.

Bonne visite,

Davy

04.09.2008

L'heure de la rentrée a sonné

Voilà, après un Huyana Potosi (6088m) dans la glace et la neige assez éprouvant mais conquis (1000m de dénivelé, départ à 2h30 arrivés au sommet à 8h) et une semaine à découvrir les merveilles de l'Amazonie dans la jungle et la pampa, nous voilà arrivés à bout des 32h de transport retour (long...) pour remettre le pied en terre de Franche-Comté... et ce, en ramenant les deux passeport et un appareil photo! Les connaisseurs de l'Amérique du Sud apprécieront l'exploit!

Sur ce, je file à la douche...

24.08.2008

Situation politique

Comme dans la note précédente nous faisons part de quelques problèmes politiques internes à la Bolivie (Blocus à Sucre) autant carrément donner quelques détails sur la situation actuelle.

Le président bolivien, Evo Morales, au pouvoir depuis 2005, est le premier président indien du pays et affirme une rupture avec ses prédecesseurs en suivant un fil de conduite purement socialiste et communiste. Representant des opprimés et des minorités du pays, il ne cache pas son soutien à Fidel Castro (Cuba) et ses liens avec Hugo Chavez (Venezuela) et fait donc partie de ces nouveaux leaders d'Amérique du Sud d'extrême gauche.
Sa politique se caractérise en partie par une énorme vague de nationalisation (gaz etc...) ce qui fait la quasi unanimité dans la région de la capitale, jusque là délaissée, mais suscite la révolte dans les départements de l'est, plus riches et à vocation capitaliste.

Depuis notre arrivée, suite à un réferendum (10/08), sur les 9 départements que compte la Bolivie, 5 sont passés du coté de l'opposition et revendiquent une décentralisation marquée par une quasi indépendance départementale. Ces revendications se manifestent par un dialogue rompu avec le gouvernement et une série de grêves et de blocus qui paralysent la communication est-ouest dans le pays. L'effet, bien que sporadique, s'amplifie de jour en jour et certains transports, aéroports compris, risquent d'être particulièrement aléatoires dans les semaines à venir.

En ce qui nous concerne, mis à part le fait d'avoir du abandonner l'idée de rejoindre Sucre, des interrogations subsistent sur les vols à destination de Rurrenabaque (Séjour dans la jungle) qui se trouve à la frontière entre les zones pro et anti Morales. De même, notre vol retour vers la France effectue une escale technique à Santa Cruz (siège de l'opposition)... donc surprise, surprise!

Les merveilles de l'Altiplano

Quelques détails concernant la dernière dizaine de jours passée essentiellement en Bolivie, des journées magnifiques agrémentées de quelques péripéties dont on se serait bien passé... enfin, sans tout dévoiler (et pour éviter quelques crises cardiaques...), disons quand même que tout finit (à peu près) bien!

Nous avons donc quitté Puno et le Pérou le 12/08 pour rejoindre la capitale bolivienne de La Paz, un joli trajet en bus le long du lac Titicaca avec toute la Cordillière Real en toile de fond. Le passage de la frontière, assez folklorique, s'est fait à pied avec l'espoir de retrouver nos sacs à dos de l'autre coté... Nous nous sommes installés dans la Calle Santa Cruz de La Paz, la rue du marché des sorcières dont les échopes regorgent de foetus de lamas sêchés et de becs de toucans afin d'assouvir les diverses croyances locales. L'aprés midi s'est déroulée en essayant de mettre la main sur une agence de tourisme dans le but de réserver un circuit 4x4, à notre gout, pour découvrir la region Sud-Ouest (Salars, deserts, volcans, lacs etc...)... pas facile, facile... on a finalement réussi d'éviter les tours "classiques" en gros groupes et caravanes de 10 véhicules pour se concentrer sur un circuit "privé", c'est à dire pour nous 4 uniquement avec un programme de notre choix.

La journée du lendemain a été sacrifiée (!... Mathilde a dit consacrée...) au shopping afin d'équiper nos frileuses de compétition pour être parées au froid extrême et au vent glacial de l'altiplano... les vendeurs en sourient encore!
A 18h on a sauté dans le bus de nuit pour rejoindre la ville paumée d'Uyuni.

Le 14/08, on va retenir la date un moment..., nous avons eu droit à "the" journée de merde...
Primo, le voyage en bus touristique, tout confort, prix excessif, fut un véritable enfer. L'intégralité du trajet s'est déroulé sur des pistes chaoteuses et nous avions gagné la loterie des places: rang du fond...ou ça secoue le plus! Un contraste de température démesuré entre les vitres givrées (à l'intérieur) et un bus surchauffé coté couloir... bonjour les chauds et froids! Les vibrations étaient si intenses qu'il devenait impossible de respirer... le trajet de 13h s'est donc déroulé haletants en jonglant avec la couverture... horrible.
Une fois arrivés à Uyuni on s'est empressé de rejoindre notre agence (Colque Tours) pour vite sauter dans le 4x4 et commencer la découverte de cette région sauvage et préservée. Le chargement du Land Cruiser réalisé, nous attendions tranquillement notre chauffeur à coté de la voiture, porte arrière coté trottoir ouverte, lorsque Mathilde s'est apercue que le sac qu'elle avait posé sur la banquette arrière (à 1m de nous!) avait disparu... je passe les détails, mais aprés avoir retourné l'auto, l'agence, la rue... force a été de constater qu'on s'était fait piquer le sac (en ouvrant la portière coté rue, prenant le sac, et refermant la portière...ouais c'est gros, et ça vexe!)... viva Bolivia!
Bien entendu dans le sac se trouvait tout le nécessaire voyage: Passeport, cartes VISA et autres, argent liquide, le petit appareil photo (ça aurait été l'autre, vous auriez entendu parler d'un génocide en Bolivie...), la veste GoreTex, les lunettes de soleil, la frontale etc... bref que les trucs indispensables et/ou dont nous avions besoin pour la suite du périple... Aprés un premier appel en France pour faire opposition on s'est dirigé vers le (lol) bureau de Police d'Uyuni, Direction des Services de Répression de la Criminalité... vous avez déja vu un épisode de Zorro avec le sergent Garcia??... bienvenue à Uyuni! La seule chose concrète qu'on obtiendra est une déclaration de vol pour faire rire les assurances à notre retour et l'encadrer au mur comme souvenir typique d'Amérique du Sud...
Impuissants face à l'évènement, on a fini par embarquer dans ce maudit 4x4 pour huit heures de piste afin de rejoindre le refuge rudimentaire de la Laguna Blanca (4200m), au pied du volcan Licancabur. Bon ok, les paysages le long de la route étaient grandioses, mais j'ai pas vraiment profité.

Le jour suivant, tout juste remis de ces émotions, nous avons été sortis du lit à 4h par notre guide/gérant du refuge afin d'entamer la longue ascension du Licancabur, une première partie en nocturne, groguis par le froid (-10 à -15ºC...) puis un levé de soleil magnifique sur la Laguna Verde qui nous a réchauffé le coeur... et les doigts!
C'était loin d'être gagné, mais 7h plus tard nous étions les quatre au sommet du volcan (en moyenne, 1 personne sur 3 seulement y arrive) à 5960m, vainqueurs des 1450m de dénivelé! Aprés une rapide pause photo et snickers sur se sommet boliviano-chilien nous avons entamé la decente dans un joli pierrier pour clore la randonnée à 15h30.
De retour au refuge, une bonne surprise nous attendait: un appel radio d'Uyuni annoncait que le passeport de Mathilde avait été retrouvé et qu'on pouvait le récupèrer au poste de police... champagne!!... enfin, infusion de coca plus exactement!
Nous avons fait la connaissance de Benoit lors de cette journée sportive, ce charpentier grenoblois nous a posé dans l'ascension... quelque chose de bien! Il faut dire que ce jeune alpiniste de 25 ans venait de se faire une magnifique série de sommets dans toutes les Andes depuis trois mois... il avait donc une sacrée forme!

Le lendemain, aprés avoir fait nos adieux à Benoit (qui avait passé la soirée et la nuit avec nous et qui regagnait à pied, faute de mieux, la frontière chilienne (à 7km) pour récupèrer ses affaires et continuer son périple), nous avons attendu patiemment un 4x4 (le notre était rentré avec notre chauffeur et un paquet de chips Pringles, resté dans le coffre, à Uyuni... super l'organisation!) une bonne partie de la matinée avant que je ne commence à m'exciter auprés du patron de Colque Tours qui nous a déniché chauffeur et véhicule dans la minute... faut crier fort ici pour que les choses avancent...
Malgré ces petits soucis, le reste de la journée s'est parfaitement bien déroulé avec Erwin notre nouveau chauffeur. Des paysages magnifiques: la Laguna Verde surmontée de l'austère cone du Licancabur, puis le surprenant desert de Dali, des montagnes, des volcans, des deserts de sables, de roches...
Pour la pause de midi, on s'est offert le luxe d'un bain dans les eaux d'une sources chaude (30ºC) à seulement quelques mètres de la banquise gelée du lac voisin! C'est ça qui est génial dans cette région située entre 4000 et 5000m et balayée par des vents violents, c'est qu'on passe sans transition d'un extrême à l'autre, des volcans fumants aux glaciers, des deserts de sable aux lacs multicolores, des sources chaudes et des geysers aux banquises de glace ou de sel...
Aprés un court détour par l'étonnante zone des geysers de Sol de Maña, située à 4950m, nous avons rejoint la Laguna Colarada aux eaux rouge cuivré et peuplée par des miliers de flamands roses... un décors grandiose avec les volcans en arrière plan!
Aprés une promenade ornithologique et photographique sur les rives de cette laguna qui doit sa couleur à l'abondance de métaux lourds dans ses eaux, nous avons regagné le refuge au pas de course... dès que le soleil se cache les températures passent largement sous la barre des 0ºC et il ne fait pas trop bon trainer dehors longtemps!
La soirée s'est terminée à jouer au carte au fond de nos sacs de couchage, pour éviter d'une part les gelures, mais surtout le groupe d'italiens, discrets comme ils savent l'être, qui squattait la salle commune.

Le 17/08, nous avons continué notre progression vers le nord au travers de décors tous plus magnifiques les uns que les autres, des succesions de lacs peuplés de flamands, des zones sabloneuses, des troupeaux de vigognes (plein!) et des renards andins (moins). Avant la pause de midi nous avons longé la "Valle de Rocas", une longue coulée de lave sculptée par l'eau et le vent depuis des siècles et qui donne lieu à des formations rocheuses étonnantes, un vrai terrain de jeu pour des grimpeurs en herbe!
Aprés un repas dans le village "Desperado" local (rues desertes, une vraie scène de duel de Cow-Boys!) nous nous sommes dirigés vers le rêve de Mathilde... la vallée des lamas! Un long et sympathique canyon peuplé d'un bout à l'autre par des centaines de lamas... de jolies photos! Il faut savoir que la Bolivie c'est 8 millions de personnes et 5 millions de Lamas!
Aprés différents arrets dans des petits villages, peuplés ou desertés, nous avons laissé derrière nous les paysages de garrigue pour atteindre le bord du Salar de Uyuni et le superbe hotel de Colque Tours avec... douche chaude!! Un petit verre de vin local pour fêter notre dernière soirée de circuit... ça change du mate de Coca!

Pour notre dernier jour de circuit 4x4 nous avons mis directement le nez...et les yeux... dans l'étrange et magnifique Salar d'Uyuni, un lac salé (sec) couvrant une surface de 2000km carrés, la plus grande reserve de sel, mais aussi de lithium, au monde! Bref, du blanc, du blanc et encore du blanc à perte de vue... Seules quelques iles rompent la monotonie de ce desert si particulier, en particulier l'ile d'Incahuasi se dresse au milieu du Salar arborant une véritable foret de cactus vieux de plusieurs siècles (voire millénaires!)...
Aprés une petite pause photo pour jouer avec les perspectives au milieu de cette mer solide sans contrastes, nous avons visité un curieux hotel (moyennant petit achat...), constitué uniquement de sel: murs et mobilier! Nous nous sommes ensuite dirigés vers l'exploitation de sel du village de Colchani qui nourrit du précieux condiment toute la Bolivie (aucun export, seulement 1% du salar est exploité actuellement). Pour finir le circuit sur une note "Western", notre aimable chauffeur/guide a bien voulu nous conduire au cimetière des locomotives d'Uyuni ou croupissent des dizaines d'anciennes machines à vapeur qui ont fait la richesse de la région en convoyant les précieux minéraux à travers tout le pays... un décors quelque peu surréaliste...
Une fois de retour à Uyuni nous nous sommes empressés d'aller à l'office du Sergent Garcia pour récupérer le précieux passeport. Etonamment (bizarre, bizarre...) le passeport était accompagné de toutes les cartes au nom de Mathilde (VISA, assurances, étudiant, vaccins, immigration) et, d'après la version officielle, ce serait une mémé d'une 70aine d'années qui l'aurait récupéré dans la rue... Apparemment, toujours d'après la version officielle, le numéro de passeport aurait été diffusé à la TV... rien que ça!! On ne saura surement jamais le fin mot de l'histoire, mais il semblait que l'agence était assez pressée de se débarasser de nous... enfin bon, on a pas trop cherché à comprendre.
A 19h, nous avons pris place dans ce qu'il est un peu exagéré d'appeler un bus à destination de Potosi, l'Eldorado de l'argent sous l'occupation espagnole.

Arrivés à 1h30, un taxi nous a conduit directement à l'hotel Casona, ou il a fallu jouer de la sonnette pour réveiller le gardien, bien situé au centre de la ville. Dans l'après-midi, un peu de tourisme "culturel" en visitant d'une part la Casa de la Moneda (au milieu d'un groupe de retraités français de l'agence "Arts et Vie"... l'horreur!), ou était fondues et frappées les monnaies d'Espagne dans un premier temps, puis de Bolivie, et d'autre part le Couvent Santa Teresa, prison dorée pour les jeunes filles de l'aristocratie espagnole (ça n'a pas fait naitre de vocation chez Cathy, au contraire!). En fin de journée, nous avons étudié les diverses options qui s'offraient à nous pour effectuer une visite des mines du Cerro Rico, encore en activité, pour finalement constituer un groupe de six avec Sophie et Tony, deux français en tour du monde rencontrés à l'hotel, et reserver auprès de l'agence Koala qui proposait la version la plus "sport" de la visite minière.

Le 20/08, nous avons pris un déjeuner rapide avant d'aller nous équiper de nos tenues de mineurs (la totale...), après avoir acheté les divers "présents" à offrir aux mineurs (feuille de coca, dynamite (!), sodas fortement alcolisés...) dans les marchés et boutiques prévus à cet effet, nous avons visité la partie extérieure de l'exploitation minière: la raffinerie, ou pululaient les produits chimiques et les métaux lourds... sympa à respirer!
La descente dans l'enfer de la mine (située à 4300m) n'avait rien d'une partie de plaisir, temperatures passant d'un extrême à l'autre, émanations de souffre, d'arsenic et d'autres merdes qui nous ont completement brulé la gorge... sans parler du format des galeries, pour les 7 nains de Blanche Neige aucun problème, mais pour quelqu'un de normal il faut tour à tour s'accroupir, se mettre à quatre patte, ramper et rentrer le ventre pour éviter de se faire arracher un bourelet par un charriot remplie de minerais qui fonce à 50km/h... Nous sommes descendus jusqu'au cinquième niveau (ce qui est assez exceptionnel), soit 80 mètres sous la galerie principale... Après un peu moins de deux heures dans cet enfer qui est le quotidien de 12000 mineurs, nous avons retrouvé la lumière du soleil avec soulagement... Un véritable parcours du combattant, consternant et éprouvant, qui n'a rien à voir avec les pseudo "aventures" d'un quelconque "Pékin Express"...
Une petite photo avec un baton de dynamite à la main, mêche allumée, avant de retourner à l'hotel pour une douche salvatrice (je n'ai récupéré ma voix normale que le lendemain...). Une petite ballade dans les rues coloniales de la ville, dont la visite du monastère San Francisco, avant de dire aurevoir à Cathy et Xavier qui prenaient un bus pour La Paz (avion le 23/08) et mettre un terme à ces trois semaines de vacances communes qui se sont parfaitement bien déroulées dans des lieux plus variés les uns que les autres.
Si l'on perdait deux compagnons de route, on en retrouvait deux autres en même temps, en effet, au fil des discussions, nous avons prévu de faire un bout de chemin avec Sophie et Tony en direction de Sucre et d'un mini trek de quelques jours vers le curieux cratère de Maragua.

Malheureusement, la politique bolivienne a eu raison de nos nouveaux projets. Le lendemain, en route pour la gare routière nous avons appris qu'il y avait un blocus à Sucre et qu'il nous était donc impossible de rejoindre la ville normalement sans avoir à forcer le passage... Comme les diverses options qui s'offraient à nous ne semblaient pas réellement fiables (évitons les jets de pierres et les marches de plusieurs heures dans le desert...) nous avons du abandonner, la mort dans l'ame et après une demi journée de réflexion, l'idée de rejoindre l'est bolivien...
On a donc opté pour rejoindre la Paz le soir même alors que Sophie et Tony rejoindraient Uyuni le lendemain... dommage, ça aurait pu être bien sympa de partager quelques jours avec ces deux grenoblois!
Nous avons "zoné" tous les quatre durant le reste de la journée en sautant sur chaque occasion de compenser notre frustration (sucettes, glaces à l'eau, patisseries et autres conneries...).

De retour à La Paz le 22/08, nous avons fait la surprise à Cathy et Xavier de nous retrouver dans la salle à manger de l'hotel pour le petit déj, comme quoi on a vraiment eu du mal à se quitter! Pour diversifier un peu les activités, on a procédé à une visite de l'ambassade de France (traduction de la déclaration de vol)... super...! Bien que trés sympas, celà ne nous a pas fait avancer d'un pouce, aucun traducteur n'étant habilité. Néanmoins on retiendra qu'une ambassade en Amérique du Sud est le meilleur moyen pour se remonter le moral et relativiser notre cas, en effet les alentours de l'édifice sont peuplés par des sans papiers français, qui comme nous ont été délestés d'une part de leur modeste fortune au profit de la population bolivienne... super coin pour cultiver la paranoia!
Nous avons passé l'après midi à écumer les agences de La Paz afin de mettre au point la suite et fin de notre séjour, et assouvir notre nouvelle idée: un séjour dans la jungle Amazonienne. Donc pour terminer les vacances: l'ascension (tentative) du Huayna Potosi à 6088m sur trois jours, puis directement derrière un avion pour rejoindre Rurrenabaque et passer une semaine entre la Jungle et la Pampa au milieu des animaux sauvages... voilà de quoi nous redonner un coup de fouet après notre déception sur la route de Sucre.
Un dernier, et excellent, repas (Piquante de Lama... hmmmm!) avec Cathy et Xavier.

................. voilà... long et pas trés trépidant, mais ceux qui se contenteront de quelques nouvelles et d'un schéma du voyage devraient y trouver leur compte... Bien entendu, si vous voulez en savoir plus sur une partie ou une autre, n'hésitez pas à demander!

18.08.2008

Rien à signaler (!)

Tout va bien (...) aprés une petite semaine en Bolivie et 5 jours de 4x4 sur l'altiplano (3700-4900m) au milieu des plus beaux décors au monde (Volcans, lacs, deserts de sable, de glace, de sel, lamas, vigognes et flamands roses (4Go de photos de flamands...)... j'en passe et des meilleurs!!). Dont l'ascension du volcan Llicancabur à 5960m (ok, manque 40...séance de rattrapage au programme^^), les 4 au dessus! Vainqueurs des 1500m de dénivelé, du froid et de l'altitude... c'est beau!... ouais ouais, on est trop fort!

Je donnerai plus de détails dans les jours à venir (plus cool niveau rythme).

On est actuellement à Uyuni (patrie du sergent Garcia... on en reparlera...) et on prend un bus à destination de Potosi dans la soirée pour visiter le Germinal local (mines)... on verra pour la suite...

A bientot.

12.08.2008

Des nouvelles des Cités d'Or

11/08/08 - Puno (lac Titicaca) - 17h

Coucou tout le monde,

j'vais juste donner quelques infos rapides concernant notre progression en Amérique du Sud... (j'avais tapé un pavé mais le PC a planté... pas le courage de recommencer) comme on vie un peu à 100km/h je n'aurrai pas le temps d'en dire beaucoup plus pour le moment, d'autant plus qu'on s'arrange pour être dans des endroits un peu sauvages et/ou préservés et donc on dispose rarement de moyens de communication autre que les messagers incas en relais...!

Arrivés à Lima le 30/07. Visite des ruines de Pachacamac et de la ville (Monastère San-Francico et Plaza de Armas by night), le Pacifique dévoile ici tout ce dont un océan et capable: rouleaux d'une dizaine de mètres qui s'éclate avec une extrême violence sur la plage... adieu les plans de baignade! Sinon, on cherche encore le véritale charme (trés caché) de la capitale...

On a passé une première petite semaine dans la Cordillière Blanche à Huaraz (3100m) avec une première rando à la journée jusqu'au Lac Churup à 4500m, puis on a loué une tente pour partir sur deux jours rejoindre le Lac 69, à 4650m sous les glaciers du Huascaran (6768m), la nuit à 4100m, un peu froide, nous a permis d'admirer un ciel du sud étincellant!)... sac au dos! Pas de problèmes d'altitude pour aucun de nous deux, Mathilde court comme un Lama!

Retour sur Lima le 04/08 (bus de nuit, avec hotesse... mieux qu'un avion) pour retrouver Cathy et Xavier à l'aéroport et s'envoler directement ensemble pour Cusco (3400m), capitale de l'empire inca (on a zapé Nazca, trop de contraintes pour 20min de vol au dessus des lignes). Visite des ruines de Saqsywaman dans l'aprem (beaux cailloux découpés et emboités par le E.T.)... ainsi que des agences de tourisme et de guides...
Une première journée consacrée à la visite de la ville, des ruines incas, des musées et des monuments religieux (cathédrale, églises, couvents...), on célèbre ça en dégustant la spécialité locale: du cochon d'inde, servi tête et pattes dans l'assiette :)

Départ pour la Vallée Sacrée des incas le 06/08, en voiture privée avec guide et chauffeur (à 4 ça vaut le coup!). Visite des sites et ruines entourant Cusco (Qenqo, Puka-Pukara, Tambomachay), de Pisaq et de Ollaytantambo, ville depuis laquelle on prend le train (trés touristique, hors de prix!) pour passer la nuit dans la sinistre Agua Calientes, ville dortoire au pied de la cité secrète (pas pour les touristes...) du Machu-Pichu.

Levés à 4h30 pour choper les premiers bus en direction des ruines, on attaque la journée de nuit, dans le brouillard et sous une pluie battante... les longs lacets pour acceder au Machu-Pichu sont d'un glauque total, mais le ciel se dégage un peu à notre arrivée et se découvrira totalement dans la journée. Aprés deux heures de visites avec une guide, on a engagé la difficile et spectaculaire ascencion du Wayna-Pichu (le grand Pic qu'on voit sur toutes les photos derrière les ruines, limité à 400 personnes par jours, d'ou le levé tot...), le reste de la journée s'est déroulé en zonant dans les ruines jusqu'à la tombée de la nuit avant de rejoindre Agua Calientes pour une petite baignade dans les thermes sous la lumière de la lune. Le site est immense et donc les visiteurs sont disséminés un peu partout, ce qui tempère l'effet de masse que nous redoutions tant... bonne surprise.

Retour en train à Ollaytantambo le lendemain matin ou l'on engage un taxi (qui s'averra être aussi un excellent guide!) pour une aprés-midi de retour sur Cusco ponctuée de diffèrentes visites. Tout d'abord les impressionantes salines de Maraz, formées de bassins salins en terrasses sur un flan de montagne puis les cercles/théatres de Moray... encore un coup des E.T. surement!... Passage par Chinchero, ses ruines et son église au soleil couchant avant d'arriver à Cusco. Bus de nuit pour rejoindre Puno et les rives du lac Titicaca.

Le 09/08, aprés une bonne grosse sieste matinale pour se remettre du bus de nuit, éprouvant, nous avons visité les iles Ouros du lac Titicaca (3800m), ces iles fottantes, uniques, constituées uniquement de roseaux (iles et habitations) sont pas mal touristiques, mais en réalité cette configuration n'a été élaborée qu'en 1950 par les pêcheurs nomades du lac justement dans le but d'attirer les visiteurs gringos...

Le lendemain, aprés un second passage, court et oligatoire, par les iles Ouros, nous nous sommes tapé 3h30 de rafiot pourri à 10km/h pour rejoindre l'ile d'Amantani en milieu de journée. Cette petite ile de 4000 ames vie en autarcie sous une forme de communisme rural, dans cet état d'esprit les touristes arrivant sur l'ile sont partagés dans les différentes familles (par groupes de 3-4) pour passer la nuit, suivant un roulement afin que chaque haitant de l'ile bénificie des retombées touristiques. Coup de chance, c'était jour de fête, on a donc profité des dances et musiques traditionnelles dans la soirée avant de rejoindre la sympathique maison familiale.

On est passé ce matin par l'ile de Taquile (même style qu'Amantani, plus touristique) pendant quelques heures avant de retourner sur le rafiot surchargé pour silloner les eaux du Titicaca jusqu'à Puno.

Demain, départ dans la matinée pour passer la frontière et rejoindre la capitale bolivienne en bus.

Voilà pour ceux qui s'interesserait à nos activités. C'est sur que listées comme ça c'est loin d'être excitant, mais comme on court pas mal afin de profiter de chaque moment passés ici, j'ai pas trop l'occasion de prendre un stylet ou un clavier pour donner plus de détails pour l'instant... mais j'me rattrape sur les photos (clack, clack...!), qu'on fera partager dès que possible!

PS: Merci Jean-Yves pour les infos sur Kashgar... véritable attentat ouigour ou "incident" couverture commandité par le gouvernement pour savoir/justifier sur qui taper au moindre problème pendant les JO (hypothèse que les spécialistes avaient prédis depuis quelques mois)?... on saura surement jamais...

On risque d'être pas mal isolés les premiers dix jours en Bolivie si on arrive à faire ce qu'on voudrait, donc pas trop d'infos dans les jours à venir...

Ciao.

28.07.2008

Le mot de la fin

Ca y est, le blog dédié à cette aventure asiatique de trois mois à travers les massifs himalayens et les déserts de l'ouest chinois s'achève ici, les notes est les albums photos ont été complétés (cf. la note "Mises à jour" pour plus de détails et savoir où vous en êtes resté!) afin de finaliser ce blog et que, d'une part, les visiteurs intéressés puissent voir et lire l'ensemble du périple et que, d'autre part, je conserve pour moi même une trace "écrite" détaillée de mon voyage... que j'aurai sûrement beaucoup de plaisir à revisionner d'ici quelques années...

Voilà maintenant trois semaines que je suis rentré, c'est court mais j'ai quand même eu le temps dans ce laps de temps de passer deux week-ends dans les Alpes, une semaine sur la côte Atlantique et, accessoirement, de trouver une activité rémunérée dès septembre et pour les trois années à venir!

Et surtout j’ai assouvi mon phantasme vin rouge, saucisson au sommet du Mont de Grange,

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Comme malheureusement je n'ai pu, si ce n'est dans un miroir et dans mes délires de mourrant (!), tombé sur le légendaire Yeti dans l'Himalaya, je pars dès demain pour un nouveau périple, dans les Andes cette fois, et à défaut d'un Yeti andin je me consolerai facilement en mettant la main sur les Mystérieuses Cités d'Or! Ce voyage en Amérique du Sud se déroulera essentiellement entre le Pérou et la Bolivie dans les différentes cordillères et altiplanos, pendant une durée de cinq semaines. Je ne pars pas seul cette fois, je serai accompagné de Zia et Tao... oops, pardon... de Mathilde et d'un couple d'amis, Xavier et Cathy. Le programme est chargé et encore une fois très ambitieux, mais rien n'est définitif... on se laissera porter au grés des envies, des tarifs (!), de la météo et surtout des capacités de chacun...

Bien entendu, si j'en ai l'occasion et si cela intéresse du monde (manifestez vous!), je donnerai quelques détails concernant ce circuit andin sur ce même blog, à la suite de l'Asie... mais je ne peux rien promettre pour le moment!

Pour conclure rapidement, sans m'étendre en superlatifs et en critiques détaillées de chacun des événements vécus, disons simplement que ce voyage m'a énormément apporté sur de nombreux plans (et m'a aussi pris une quinzaine de kilos!), que ce soit sur ma vision du monde ou simplement de moi même. J'ai appris, j'ai vu, j'ai retenu, j'ai connu... bref j'ai vécu des moments et des expériences fantastiques que mon égoïsme sous-jacent m'interdit de partager... elles m'appartiennent désormais, et je ne peu que conseiller à ceux qui auront (se créeront) un jour la même opportunité que celle que j'ai eu, de saisir l'occasion et de partir, d'aller par eux mêmes s'approprier quelque chose qui deviendra une part entière de leur individu.

Juste un dernier mot, concernant la Chine, voilà maintenant deux voyages effectués à travers ce pays qui est sans doute le plus beau et le plus varié du monde... mais il n'y en aura pas de troisième dans les années à venir... En découvrant le pays chaque jour plus en profondeur on ne peut plus, à partir d'un certain point, se voiler la face et passer sous silence les atrocités physiques et psychologiques que le gouvernement fait connaître au peuple, mais aussi à la planète... que ce soit la propagande, la censure, l'endoctrinement de la jeunesse, le non respect des droits de l'homme (des droits élémentaires tout court!), la culture de la paranoïa et de la xénophobie, la pression et les exactions commises au Xinjiang et au Tibet... j'en passe et des meilleurs...
Ma position sur le "péril jaune" est donc prise, en connaissance de cause, et il clair que j'éteindrai chaque TV que je croise sur laquelle sera diffusé l'espèce de mascarade que certains appellent "Jeux Olympiques de Pékin"...

Un énorme merci à tous ceux qui ont suivi, ou qui sont simplement passé une fois, sur ce blog, et encore plus encore à ceux qui l'ont agrémenté de quelques commentaires, ça fait toujours très plaisir de se sentir entouré, même lorsqu’il s’agit d’une simple petite phrase bateau!

A bientôt, peut être avec les Andes si le cœur m'en, vous en, dit!

11.07.2008

Mises à jour

Complet au 28/07/08.

10/07/08 - 20h - Ajout des photos de la section "Annapurnas" et "Mustang" dans les albums photos dédiés.

11/07/08 - 14h - Ajout de la note "Enfer de sable et paradis bleu", placée chronologiquement dans le blog à la date du 04/07/08, relatant la fin des aventures au Xinjiang et sur la route de la soie.


28/07/08 - 16h - Ajout de la note "L'Empire du Jeu", placée chronologiquement dans le blog à la date du 07/07/08, concernant les derniers jours en Asie, à Shekou et Macau.


28/07/08 - 17h - Ajout de la note "Le mot de la Fin", placé en tête de blog, qui sert de conclusion à ce périple asiatique.


28/07/08 - 18h - Ajout des photos des sections "Gansu", "Xinjiang" et "Macau" dans les albums photos dédiés, ajout aussi de quelques photos dans l'album "Vrac" (je rappel que tous les albums sont accessibles en cliquant sur leur icône dans la colonne de gauche du blog).

08.07.2008

Bien rentré

Fallait que ça finisse par arriver... je suis bien rentré.

Tous les détails des derniers jours (et y'a des choses a dire! Le planing était tellement chargé que je n'ai pas eu le temps de mettre le blog à jour... c'est dire!) ainsi que les photos de toute la section chinoise du voyage, pour le bonheur des yeux, arriveront dans les jours qui viennent (peut être demain).

Au programme:

- Marché spectaculaire de Hotan, l'un des plus impressionnant de la route de la soie.
- Traversé du désert du Taklamakan du sud au nord à bord d'un bus au beau milieu d'une tempête de sable.
- Visite d'une des villes chinoises du futur, Urumqi.
- Séjour au lac TianChi, perdu au coeur des montagnes: rando, baignade, escalade, nuit en yourte.
- Retour a Shenzhen, débauche au resto japonais, massages et ballades dans les quartiers glauques de la ville.
- Macau, le Las Vegas de l'orient, un enfer du jeu créé pour 1 milliard d'individus! On a testé le Lisboa, le Grand Lisboa, le Grand MGM et le Casino de tous les reccords le Venetian! (on a fait la manche pour le Taxi du retour...).
- Le vieux Macau, mélange de culture chinoise, portugaise et africaine.
- etc...

07.07.2008

L'empire du Jeu

04/07/08 - Shenzhen - 20h30

"Adieu jolis couteaux"

On a donc quitté le centre de ville d’Urumqi hier matin pour rejoindre l’aéroport, arrivé sur place on s’est séparé de Cyril qui prenait son vol un peu plus tôt et on a attendu notre tour pour enregistré nos bagages. Lorsque ce fut notre tour de passer au guichet, les personnes du service de sécurité, qui ne foutaient rien jusqu’à maintenant, se sont réveillés et sont arrivés sur nous comme des rapaces, ils se sont dirigés vers le scanners plus exactement… mon sac passe le scan en premier, à la sortie le gars le stop sur le tapis roulant, me dit de m’approcher et me lance un «knives?», comme il les avait de toute façon vu sur son écran c’était pas la peine de jouer au con, et je lui répond que oui, c’est des souvenirs et qu’en bagage en soute ça ne pose pas de problème etc… mais non la réponse est «no knife»… putain…

Même en bagage en soute ils n’autorisent pas les couteaux ouigours, que leurs compatriotes vendent par milliers dans les bazars et les magasins et qui doivent représenter une part non négligeable du chiffre d’affaire touristique. Le pire c’est que cette mesure, qui bien entendu accompagne le médicament pour pallier à tous les problèmes chinois et faire le ménage qui est vendu sous l’appellation «Jeux Olympiques», n’à ni queue ni tête. En effet, on peut transporter des couteaux en avion d’un aéroport à un autre à condition de rester dans la région du Xinjiang, mais si on passe dans une autre région impossible; en revanche si on sort du Xinjiang, en train par exemple, et qu’on prend l’avion ailleurs, aucun problème. Bien entendu la poste refuse de prendre en charge l’envoie de ces couteaux (Cyril s’était renseigné). Bref, ils vendent des objets à grande échelle et s’amusent à les confisquer à l’aéroport, en plus vu comme les agents de sécurité sont venus épier nos bagages au dernier moment c’est vraiment qu’il s’agit d’un procédé généralisé et qu’ils connaissent bien le problème mais qu’ils n’en ont strictement rien à foutre. Dernier point, on a regardé, mais aucune information n’est disponible concernant cette mesure à la con, aucun panneau…rien.

Jean-Yves à essayé de discuter et de gueuler un peu, ne serrait ce que pour le principe… mais quand on a en face de nous un robot à la solde du gouvernement qui suit les ordres à la lettre et n’a aucun pouvoir de décision on s’excite juste pour se défouler mais c’est sans conséquences… quelle bande de connard quand même (ça sert à rien, mais ça fait du bien de le dire!).
Bilan: neuf couteaux ouigours achetés avec passion sur les étales des bazars de Kashgar, Yengisar et Hotan confisqués à l’aéroport… Mise à part la perte financière (environ 10-12€ le couteau, x9), ça nous fait vraiment chier de ramener comme cadeaux des fourreaux vides et de devoir dire «t’as le couteau qui va avec, mais tu peux l’utiliser que dans le Xinjiang et tu dois le laisser à l’aéroport quand tu pars…».

On a donc pris notre avion un peu amères et surtout confortés une fois de plus, malheureusement, dans l’opinion de plus en plus précise qu’on se fait du pays depuis deux ans… et le jugement est brutal.

Arrivé à Shenzhen, on a renoué, non sans mal, avec un taux d’humidité excessivement élevé et une chaleur écrasante. On a encore galèré pour prendre le bus jusqu’à Shekou, il y a un bus par heure… on a loupé le premier et on a pas attendu le second au bon endroit (on était au terminus, fallait prendre l’escalier pour descendre l’étage en dessous…) … y’a des journées comme ça…
Aprés 1h30 à cuire dans la foule du bus on a enfin atteint Shekou pour boucler la boucle après 26 jours à travers le nord ouest chinois dans un pays qui est en Chine, mais qui n’est pas la Chine… du moins pour nous.
Comme Thomas ne sortait que tard du boulot Jean-Yves s’est empressé d’aller se faire 2h de massage (depuis le temps qu’il attendait ça!) pendant que je suis allé m’acheter mon souvenir de Chine, désormais classique, c’est à dire des paires de lunettes! Et hop trois paires, dont une de sport pour à peine un dixième du prix français et surtout livrées en seulement quelques heures! J’envisage de m’associé avec le vendeur et de monter un business parallèle, j’suis sur que ça marcherait du tonnerre!

Je viens de me payer une petite douche chez Thomas (qui n’a toujours pas d’eau chaude, en un mois il l’a pas fait réparé!) et là on attend Jean-Yves pour se payer l’orgie que j’attend depuis trois mois (j’suis presque parti rien que pour ça!) c’est à dire un repas à volonté au resto japonais…

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05/07/08 - Shenzhen – 13h

"Shenzhen: sexe, alcool et travail"

La soirée de la veille a été très sympa, même si le japonais n’a pas tenu ses promesses…
On avait réservé pour 21h, on s’est donc pointé pile à l’heure pour s’installer et prendre commande, d’abord une série de sushis puis un festival de plats de tous les types. Mais à part notre bordée de sushis, rien de ce qu’ils nous emmenaient ne correspondait à nos commandes. Après le troisième plat d’huîtres chaudes à l’ail, on a commencé à tapé du poing sur la table… rien à faire c’était toujours aussi lent et non respectueux de ce qu’on avait demandé. On s’est beaucoup énervé, ça c’est un peu arrangé… mais pas pour longtemps, à notre demande de beignets de bananes avec de la glace, le serveur nous a annoncé qu’ils n’avaient plus de glace (rendez-vous compte!). Que cela ne tienne, on est allé acheter de la glace, sans doute la plus chère de toute la ville, avec la ferme intention de se la faire déduire de la note finale. Le serveur semblait septique concernant notre requête, alors on a demandé le patron, et là… magie! Tout s’est arrangé comme par miracle… il est revenu mielleux comme un chat en apportant tout ce qu’on demandait, enfin…!

Pour se remettre de cette terrible mésaventure (et oui, on a vécu des choses pas faciles…) direction le salon de massage pour un petit massage collectif (c'est-à-dire dans la même pièce, devant la TV) des pieds. Lorsque là masseuse a sorti le spray désinfectant pour s’occuper de mes petons les deux autres se sont bien foutu de ma gueule, mais ils y ont eu aussi droit juste après, bien fait!

Après ces 90 minutes de détente et de craquements d’orteils, on s’est dirigé avec Thomas vers une promenade digestive, laissant Jean-Yves au salon de massage pour sa troisième palpation dorsal de la journée (on avait des coupons de réduction, fallait pas les gâcher!), ça doit être terrible d’être aussi dépendant! Qui dit promenade nocturne à Shenzhen, dit passage par les rues chaudes de la ville (ça signifie qu’il faut juste éviter la rue piétonne en fait…) où les bordels se succèdent et le racolage se fait en déchirant les vêtements des passants pour les attirer dans ces antres de débauche. On était déjà passé par ces rues l’année précédente ce qui m’a permis de comparer la situation, qui apparemment s’améliore un peu: beaucoup de bordels sont maintenant fermés ou sont devenus d’«honnêtes» établissements qui blanchissent le fric des triades d’une autre façon. Autre signe indicatif, la moyenne d’age des prostituées a considérablement augmenté sur une année… il ne reste plus que les modèles de collection. Bien entendu il s’agit de l’évolution concernant les rues de Shekou, mais on sait très bien que si les jeunes travailleuses de nuit on quitté le trottoir c’est uniquement pour aller travailler dans des immeubles entiers, véritables supermarchés du sexe destinés à une clientèle, qui à l’instar de Shenzhen et de la Chine, devient de plus en plus aisée et exigeante sur les divers «produits» de luxe qu’elle consomme… le client n’a plus qu’a passer dans les rayons pour choisir et donner à la caisse le numéro de la pauvre paysanne sichuanaise de 15ans, qui a tout perdu après le tremblement terre, venue chercher la fortune dans cet Eldorado oriental, afin de la ramener dans sa chambre… mis à part ça, la prostitution est interdite en Chine, et si on demande aux dirigeants, ça n’existe même pas sur le territoire… bravo!

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05/07/08 - Macau – 23h30

"L’enfer du jeu"

Après une bonne nuit pour se remettre du repas un peu (beaucoup) excessif de la veille on s’est préparé, moi et Jean-Yves assez rapidement, Thomas sous nos coups de fouet (!), pour se rendre à Macau en début d’après midi.

Macau, tout comme Hong-Kong, possède un statu particulier. Ce petit bout de terre composé d’une péninsule et de deux îles est accessible en environ 1h30 de bateau depuis Shenzhen ou Hong Kong, et a été cédé au Portugal par l’Empire Chinois pour «bon comportement» lors de la guerre de l’opium (ils ont débarrassé les pirates des eaux de cette partie de la mer de Chine).
Il s’est donc développé à Macau une culture propre (dite macanaise) d’inspiration latine et chrétienne, de même, le brassage des immigrants d’origine chinoise, portugaise et africaine a donner naissance à un type de population qu’on ne trouve que dans cet endroit du monde.
En 1999, Macau a été «rendu» la Chine, mais une close politico-économique confère à la ville une grande autonomie pour une durée de 50 ans, c'est-à-dire des frontières classiques avec la Chine, un gouvernement propre, une monnaie propre (le Patacas) et une langue propre (officiellement, ça demeure le Portugais).

Si le Macau du XX° siècle n’était fameux que pour la prostitution et sa célèbre «rue de la joie», la ville est entrée dans le XX° siècle avec la même fougue que des cités comme Hong-Kong, Shanghai, Singapour, Taipei… La particularité de Macau réside dans le fait que c’est le seul endroit de Chine où le jeu est autorisé, une économie de machine à sous et de tables de Poker a donc naturellement vu le jour et est en plein essor. Pour preuve, depuis deux années les Casinos de Macau ont un bénéfice qui dépasse celui de sa consoeur américaine: Las Vegas! Avec un milliard de joueurs potentiels à la porte de la ville, et un niveau de vie en constante augmentation sur le territoire chinois, la cité du jeu a encore une énorme marge de progression devant elle et les nouveaux casinos poussent sur la péninsule, sur les iles et même sur la mer comme des champignons!

Nous somme donc arrivé sur la péninsule, après un voyage dans un bateau sans clim (ahhhrggg !), pour nous établir directement dans un hôtel sur le port, au milieu des sardineries… mais dans nos moyens! On verra, si on gagne dans les deux jours, on se paiera peut être la suite royale au Venetian pour demain soir… ! Sans même s’autoriser une douche (et pourtant avec une humidité frôlant les 100% on en aurait eu bien besoin!), on a mis le cap vers la zone sud de la péninsule où fleurissent les buildings dédiés au jeu, dès les premières rues un peu «typiques» de la vieille ville, qui se trouvait sur notre parcours, on a sentit le caractère d’inspiration latino non seulement dans l’architecture mais aussi dans les visages et les moustaches des jeunes filles (!).
La soirée se déroule tranquillement en écumant les casinos: le Lisboa et le MGM Grand, on joue un peu pour dire (12€ pour trois, ça va, c’est pas trop flamber!) mais on observe avec curiosité ce monde qui nous est totalement inconnu… et franchement ça sent le fric à plein nez, on est loin des casinos des stations balnéaires françaises pleins de touristes en shorts, ici ça rigole pas! On apprécie la clim, même si elle est réglée sur 18°C…

Pour le repas on s’est déniché, non sans mal, un petit resto macanais fort sympathique: «Chez Carlos», au menu sardines grillées, porc au curry, accras de morue et un bœuf avec une sauce à la crème… hmmm, excellent! Et pour se faire peter le bide un petit dessert local, la «biscuit mousse», qui consiste en un bol de mascarpone sou poudrée de biscuit broyé… miam! Le tout dans une ambiance très portugaise. Le retour à l’hôtel se ferra en rampant, le bide qui traîne parterre,… avec quelques pauses pour les photos nocturnes. Pour le moment Jean-Yves et Thomas sont entrain d’essayer de faire le tour de la centaine de chaîne de TV pour essayer de trouver quelque chose de « regardable » mais c’est pas gagné! Demain si il fait un peu plus beau on va tenter une baignade dans le Pacifique, depuis le temps que j’en rêve!

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06/07/08 - Macau – 23h30

"O sole mio"

Raté pour la journée de plage, il pleut des centaines de litres d’eau depuis le réveil… ça fait un peu (beaucoup) chier! La matinée, enfin ce qui restait de la matinée quand on s’est levé, s’est donc déroulée sous la clim de la chambre d’hôtel devant TV5 Monde… entre «30 Millions d’amis» et un Drucker d’il y a 5 ans, j’vous raconte pas la fête!

Par ce magnifique temps qu’une chose à faire :… bouffer! Après 20min à poireauter, cachés des trombes d’eau sous un balcon, afin de mettre la main sur un taxi, on s’est engouffré dans le célèbre restaurant «Littoral». Encore une fois c’était divin, cher… mais divin! Entre les tranches de porc délicieusement parfumées au safran, de la morue gratinée avec des pommes de terres, un tendre confit de canard accompagné d’un riz savoureusement salé par quelques tranches de lard… nos papilles ne savaient plus ou donner de la tête! Après un rapide calcul afin de voir si nos finances nous autorisaient un dessert (totalement superflu bien entendu!) on s’est a nouveau laissé tenter par une coupe de mascarpone en dessert… pas très léger tout ça, mais bon c’est la faute à la pluie!!

A la vue du splendide temps qui se dessinait pour l’après midi, notre acharné du travail qu’est Thomas nous a fait faux bon et est rentré sur Shenzhen pour envoyer quelques centaines de mails de travail… un dimanche après-midi (!). Avec Jean-Yves on est retourné écumer quelques casinos, ce qui est en fait la seule activité d’intérieur que propose Macau à cette époque de l’année (mis à part le sport en chambre… hors programme, et qui n’était de tout de façon pas dans nos modestes moyens!)! Un petit tour d’abord par le Gran Lisboa pour sécher nos vêtements sous les clims des salles de jeu, et on a ensuite réussi, difficilement (presque 25min de queue), à choper un taxi pour se rendre sur la bande de Cotai (partie entre les îles du sud et la péninsule, constamment remblayée pour construire, encore et encore!) et rejoindre le top du top des Casinos à la Las Vegas style, le Venetian.

Comme son nom l’indique, ce casino n’est ni plus ni moins qu’une réplique miniature de la ville italienne… rien ne manque: un gigantesque Campanil (2 tiers de l’original) nous accueil, à ses pieds une réplique du pont du Rialto sert de porche d’entrée aux véhicules et toutes les façades extérieurs sont semblables à celles des nombreux palais vénitiens qui bordent les canaux de la ville. Donc déjà d’extérieur ça a de la gueule! Mais c’est rien comparé à l’intérieur de ce gigantesque complexe, une fois passé la porte d’entré on se retrouve sous les peintures du palais des Doges, au milieu des dorures et des colonnes de marbre, rien n’est oublié et tout est parfaitement «vénitien» au détail prés.
On traverse ensuite la salle de jeu, immense, énorme, démentielle… des milliers de machines à sous et de tables à jouer, la mise minimum est de 10€, donc même pas en rêve pour nous! Beaucoup de joueurs aux tables « high limits», c’est à dire avec 100 ou 200€ de mise de départ, soit 100€=1 jeton… oui, oui…on est toujours en Chine, dites au revoir aux clichés des rizières et des paysans partout!).

L’étage du complexe (gros comme un village français) est dédié au shopping, des centaines de boutiques, pour la plupart de luxe, mais on trouve aussi quelques Mc Donalds ou autres merdes tout publique, sont disposé dans des répliques de maisons et palais vénitiens aux façades plus vraies et colorées les unes que les autres, bien entendu les canaux on aussi une place majeure entre les vitrines, un vrai réseau fait le tour du complexe où circulent de véritables gondoles dans lesquelles les amoureux (et les touristes) peuvent savourer un «O sole moi» chanté à tue-tête (mais parfaitement) par le gondolier… !! On trouve bien entendu aussi de nombreuses répliques des places de Venise, dont la Plazza San Marco évidemment!...

Tout ceci n’aurait rien de très surprenant et serrait semblable à un parc d’attraction si ce n’était, d’une part la qualité de réalisation… mais surtout le fait que tout ceci se passe en intérieur!! Un faux ciel, rythmé au mouvement du soleil, dont l’éclairage est plus vrai que nature, domine l’ensemble de ces rues et de ces canaux d’appartement… c’est dément, mais faut reconnaître que c’est quand même une prouesse architecturale… du grand art! Les étages supérieurs de l’édifice sont constitués des chambres d’hôtel, où on a malheureusement pas eu la chance de séjourner vu notre chance au poker sur les machines (ouais…on a encore perdu 10€… mais on a joué longtemps!).

Pour terminer la journée, on s’est posé à un bar du casino, en face d’une grande TV écran plat, avec les façades sous les yeux, le faux ciel au dessus de la tête et le canal des gondoliers dans le dos pour apprécier la finale du tournoi de tennis de Wimbledon (ça tombait à 21h30 pour nous, parfait) (Nadal VS Federer), pas mal le cadre! Vu les tarifs des consommations, on a pris chacun une Guiness, la seule bière qu’on peut mettre 5 sets de tennis à boire! Aux premières gouttes de pluie (en Angleterre bien sur, ici c’est non stop!) et à la suspension du match pour raison météorologique (minuit local) on a regagné notre hôtel d’un coup de taxi… qui s’entraînait apparemment pour le grand prix de Formule 3 de Macau…!

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07/07/08 – Aéroport de Hong Kong – 22h30

"Dernier jour…"

Dès notre retour à l’hôtel hier soir, on s’est mis à zapper les chaînes en espérant une reprise de la finale de Wimbledon, au bout d’un moment on est retombé dessus… mais l’heure se faisant tardive (2h30) et la finale se prolongeant, on s’est finalement endormi devant…

Le temps semblait un peu plus correct aujourd’hui, il pleuvait toujours mais pas aussi abondamment que la veille, c’était donc l’occasion (ou jamais) de faire un peu de visite culturelle du vieux Macau… et qui dit «culturelle» ici, dit première étape direction la Rue de la Joie pour imaginer un passé où la prostitution était fleurissante dans cette ruelle où chaque bordel était magnifiquement peint, portes et volets, en rouge… bref, trêve de nostalgie (et d’ironie, pour ceux qui n’aurait pas saisi) et direction la vieille place de la ville, ses rues piétonnes et ses successions d’églises catholiques toutes très latinos et colorées. On s’est ensuite rendu au monument phare de la ville, symbole du Macau historique: les ruines de l’église Saint Paul qui jadis dominait la ville de pêcheurs, au pied du fort. Maintenant les vestiges de cette dernière (incendie en 1875, date de tête, à vérifier) sont entourés de nombreux immeubles… souvent très laids. Mis à part le coté ultra touristique, propagande JO, site classé Unesco, pose à la con sur les photo les doigts en V etc… du site, on ressent quand même, ici plus encore qu’ailleurs dans la ville, une forte appartenance de ce petit bout de terre asiatique au monde occidental, comme si un morceau du sud de l’Europe s’était détaché du continent, avait parcouru des milliers de kilomètres sur les océans jusqu’à venir se coller ici en l’Asie, à labri des regards du vieux monde… Je suis sur que c’est une image qui fait rêver l’ETA ça!

On voulait visiter le Musée de Macau, apparemment un des plus intéressant d’Asie, installé dans le fort Saint Jsépluskoi... mais manque de pot c’était fermé le lundi, dommage ça!... surtout que j’avais bien besoin d’une séance de clim comme on avait déjà rendu la chambre d’hôtel. On s’est donc rabattu sur le Musée Maritime de la ville (après s’être consolé avec un Big Mac… Jean-Yves n’a même pas voulu me payer la figurine Kun Fung Panda… oui, il est méchant! Très méchant!), une collection impressionnante de maquettes de bateaux de tous les ages y est présentée ainsi que de nombreux documents et explications historiques sur cette région si stratégique pour les colonialistes. Un peu de folklore local avec les bateaux dragons et un exposé des différentes techniques de pêche asiatique et voilà de quoi passer quelques heures à déambuler entre les salles (climatisées!).

Après une dernière promenade sur les bord de mer vers la grande Tour de Macau, dédiée aux sports à sensations: saut à l’élastique, câble, accrobranche de citadins etc… enfin tout pour se prendre pour Spiderman, on est retourné chercher les sacs qu’on avait laissé en consigne à l’hôtel et on a pris un taxi pour rejoindre la gare maritime. A noter que cet enfoiré de taxi m’a demandé un supplément pour chacun des deux sacs à dos qu’on avait mis dans son coffre… la Chine… J’ai donc pris un billet pour rejoindre directement l’aéroport de Hong-Kong alors que Jean-Yves s’est dirigé vers le quai reliant le quartier de Central, le centre ville hongkongais, où il va passer deux jours en attendant son avion de mercredi soir. Nos chemins se séparent donc ici… pas pour longtemps, on s’est déjà prévu un week-end fondue dans les alpes pour ce samedi!

Après une petite heure de bateau j’ai rejoins le Terminal 1 de l’aéroport. C’est un peu spécial ces liaisons, on arrive en fait dans la zone de transit portuaire de l’aéroport, il faut ensuite enregistrer ses bagages au comptoir de la compagnie situé dans un préfabriqué, toujours dans la zone portuaire, récupérer sa taxe de transit (ou de je sais pas quoi, rendue en HK$) avant de rejoindre le terminal aéroportuaire proprement dit à bord d’un bus dont les portes sont placées sous scellés lors du petit kilomètre de voyage… un peu compliqué la première fois, mais comme j’avais déjà fait ce manège là l’an dernier c’est très bien allé.
Là, j’me bouffe un burger avant de prendre mon avion d’ici une petite demi heure… j’ai pas eu le courage d’attendre le repas de l’avion.

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08/07/08 – Hauterive – 15h

"C’est fini"

La première partie du voyage jusqu’à Londres s’est bien passée, faut dire qu’avec une double dose de Whisky devant un film avant de pioncer pendant 7h d’affilée y’avait pas de raison que ça se passe mal!

Par contre, arrivé à Londres, lorsque j’ai voulu rejoindre le terminal pour prendre mon vol Londres-Genève, surprise! Vol annulé… sans trop de conséquences car ils m’en proposaient un autre seulement deux heures plus tard. Par contre comme j’avais plus un rond et que j’avais loupé le petit déjeuner dans l’avion (je dormais) la faim commençait à se faire sentir et j’ai été contraint de changer 5€ pour m’acheter un truc à me mettre sous la dent, mais comme le bureau de change prenait 3£ de commission, restait pas grand-chose à la fin!

Edit: dans le même ordre d’idée, j’ai passé un coup de fil à Mathilde pour la prévenir de mes deux heures de retard, j’ai utilisé un téléphone qui acceptait les cartes de crédit (VISA Premier). Le coup de fil a duré 30s, grand maximum. J’ai vu ce matin (25 juillet) que le prélèvement qui correspondait à cette communication s’élevait à… accrochez vous bien… 22€90… franchement c’est abuser!

Après 1h40 de vol au dessus des nuages avec uniquement quelques sommets alpins qui dépassait du brouillard suisse à l’arrivée, j’ai atterri à Genève où Mathilde m’attendait pour me ramener (pour quelques temps) vers ma vie quotidienne, loin des sommets himalayens et des déserts chinois… j’suis rentré physiquement, mais à mon avis mon esprit va mettre encore quelques temps à atterrir pour de bon…

04.07.2008

L'enfer de sable et le paradis bleu

29/06/08 - Yarkan - 21h30

"Marché aux cailloux"

La journée de la veille a été consacrée au transfert en bus de Yarkan à Hotan (6h) et à un peu de repos dans l’hôtel à l’arrivée, donc rien de bien palpitant! En plus le temps n’était pas terrible et on a navigué entre les averses de pluie très sale et les tempêtes de sable.
Notons quand même qu’a notre arrivé le téléphone à sonné, et comme en général c’est les « masseuses » ( !) on a raccroché en même temps, mais lorsqu’on est repassé vers la réception on nous a demandé d’attendre pendant qu’ils composaient un numéro avant de me tendre le combiné et j’ai eu au bout du fil, dans un parfait anglais, un agent du BSP (flics) qui m’a demandé d’où on venait, où on allait, ce qu’on foutait là etc… ahh la Chine! M’en fout, on lui avait raccroché au nez juste avant !

Ce matin on a fait la connaissance d’un français (la quarantaine, grenoblois et infographiste) avec qui on a partagé les frais de taxi pour se rendre au musée de la ville de Hotan. Arrivés sur place, première surprise: l’entrée est gratuite! On aura enfin trouvé un endroit dans ce pays où il ne faut pas sortir son portefeuille, comme quoi tout est possible !

Le musée est consacré à la route méridionale de la soie est plus particulièrement aux sites archéologiques qui bordent la zone sud du désert du Taklamakan, où nous nous trouvons. De nombreuses poteries, morceaux de tissu, sculptures, pierres taillées et surtout deux magnifiques momies, dont une d’une fillette d’une dizaine d’année, très bien conservées!
Lorsqu’on lit les informations qui accompagnent chacune des pièces de l’exposition on ne peut faire autrement que de s’indigner sur la propagande éhontée affichée ici; tout est tourné afin de mettre en avant une colonisation de la région par les chinois Hans dès les ages préhistoriques et sans interruption (alors que leur contrôle de la région n’était que très sporadique) dans le but de justifier auprès des populations locales le rattachement de cette région (qui n’a rien à voir avec le reste de la Chine !) à la grande « mère patrie ». Après avoir lu ça on comprend mieux le but ultime d’un tel musée et le pourquoi de sa gratuité… bref…

Après être repassés à l’hôtel (placé juste à coté de la gare routière) pour prendre nos billets de bus de nuit pour le lendemain et que notre compatriote rende sa chambre d’hôtel, nous nous sommes dirigés tous les trois vers la zone du grand marché du dimanche.
Le marché de Hotan figure, avec ceux de Kashgar et Samarkand, parmi les plus impressionnant d’Asie Centrale, héritées de leur histoire commune sur la route de la soie ces foires hebdomadaires réunissent des milliers de personnes qui viennent envahir une moitié de la ville pour y vendre, y acheter et y troquer les denrées cultivées dans les oasis, amenées par les caravanes ou simplement extirpées des sables du désert.

Après être passé vers le quartier des oiseaux (bonjour la grippe aviaire!), des fruits (des montagnes de melons) on s’est engouffré dans une rue dédiée au commerce de, accrochez vous bien,… pierres! Mais non pas des pierres précieuses, des cailloux de plusieurs kilos voire même de plusieurs dizaines de kilos, constamment arrosés par les commerçants afin de mettre en avant les reflets et les formes de ces marchandises originales, ces rochers sont disposés au choix sur des étales, à même le sol pour les plus gros et, le top du top, dans des aquariums grillagés que le vendeur n’ouvre que lorsqu’on s’approche de l’échoppe…!
Très curieux de savoir l’utilisation finale de ces cailloux, on n’aura malheureusement pas la réponse…déco ? Religion ? Fétichisme ?...

Un peu plus loin, une autre zone très intéressante est celle des « dealers », non pas d’opium ou de cannabis, mais tout simplement de… jade! Et oui, en plus d’être un passage incontournable de la route méridionale de la soie, Hotan est aussi le point de départ de la route du jade. Des centaines de personnes, une poignée de pierres (3 à 30 pierres de 0,5 à 4cm) dans le creux de leur poing, discutent, comparent, vendent, achètent, échangent ces joyaux bruts. A titre indicatif une pierre de bonne qualité, de 2cm environ, vaut entre 30 et 50€ sur le marché (le salaire mensuel moyen est sous les 100€ rappelons-le!) et il faut plusieurs semaines de prospection dans les roches brûlantes du désert pour en dénicher une. Un commerce de fortunes portatives très particulier est vraiment d’ampleur très impressionnante sur le marché.

Etant à la recherche du marché aux bestiaux (moutons, chameaux, chevaux…) on a écumé de nombreux autres quartiers toujours aussi animés: chapeaux, vêtements, tissus, laines, menuiseries, outils, motos, etc… y’a vraiment tout! Lors de notre passage dans le marché de viandes (hardcore) on a bien trouvé un chameau mais celui-ci était en kit, pieds et tête d’un côté et corps sur l’étalage, pas loin des têtes de biquettes! (Photo bien sur !!).
Au bout de deux tours de ville on s’est décidé à monter dans un taxi auquel on a demandé bien difficilement, c'est-à-dire avec le PDA en mode « parlé » et en mimant des animaux, de nous emmener au marché des bestiaux… il a fait semblant de comprendre, a commencer de rouler, mais lorsqu’il nous a annoncé le prix exorbitant on lui a demandé de faire demi tour et de nous ramener à l’hôtel… encore un essai manqué.

A l’hôtel, on a fait la rencontre d’un suisse (zurichois) qui nous a d’abord demandé quelques infos sur la ville et les bus, il paraissait complètement crevé et à bout de nerf, et pour cause: il venait de se taper pas moins de huit hôtels qui l’on systématiquement refusé et cinq taxis pour naviguer aux quatre coins de la ville. A sa place aussi je peterais un câble! On a aussi retrouvé notre compatriote de la matinée qu’on avait perdu sur le marché… on était a priori les seuls quatre touristes de la ville!
Ces refus d’hébergement n’ont rien à voir avec du racisme anti-étranger, mais les hôtels n’ont simplement pas le droit de nous accueillir, les autorités leur interdissent d’ouvrir leur porte à des touristes. Mis à part le fait que la situation politique au Xinjiang soit pourrie, Hotan se situe juste au carrefour des routes qui descendent vers le Tibet et en ces temps de crises (c'est-à-dire toujours) les autorités prennent un malin plaisir à parquer les touristes de passage dans des hôtels contrôlés par l’état afin d’avoir la liberté d’épier nos mouvements et de contrôler nos déplacements. Démocratie et droits de l’hom… pardon, du touriste, hmmm…

Après s’être remis de ses émotions notre petit suisse (!) s’est joint à nous pour une seconde tentative de chasse au marché aux bestiaux, en plus il vient de passer deux ans à Shenzhen (Schneider électronique) et parle donc quelques mots de chinois, cool! Mais après plusieurs tentatives et quelques coups de fils à travers la Chine pour les traductions chino-ouigour-anglais on a du se rendre à l’évidence, il n’y pas de bestioles plus grosses que des dindes sur le marché, ou du moins pas en cette saison… dommage, Jean-Yves se faisait une joie de prendre une inspection dentaire de mouton en photo…

On a donc flâné encore quelques heures dans le marché avant de se payer tous les trois un bon bol de nouilles! (Ainsi qu’un couteau pour JY, original !) Après une bonne glace (on instaure l’habitude!) on s’est couché de bonne heure… beinh ouais, avec un réveil à 2h45 dans la nuit pour regarder la finale de l’Euro Espagne-Allemagne, faut bien faire une petite sieste avant !!

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01/07/08 - Urumqi – 23h

"Traversée du Taklamakan"

Après une finale de l’Euro et une victoire bien méritée pour les espagnols, on s’est levé la veille, un peu la gueule dans le cul il faut l’avouer, pour prendre le bus de 10h en direction d’Urumqi… 20h de bus au programme ! On a retrouvé dans le bus notre ami suisse, il hésitait sur la fin de son voyage envisageant de se rendre au lac Sayram, mais comme il repart en même temps que nous le 04/07 (pour la région de Shanghai) il va se contenter de faire comme nous le lac TianChi afin de ne pas passer le peu de temps qu’il lui reste dans les transports.

Malheureusement le temps de hier, tout comme celui de ce matin, n’était pas terrible. Pluie plus tempête de sable ça fait une jolie boue qui se colle aux vitres et au pare-brise ainsi qu’un voile opaque qui nous a empêcher de voir loin à l’horizon…
Néanmoins la traversée valait quand même la peine d’être vécue, pendant des centaines de kilomètres (500 environ) on évolue dans un désert de sable au milieu de dunes régulières, en empruntant une route hors du commun. Bordée de chaque coté par une quinzaine de tuyaux percés qui arrosent en continu la maigre végétation plantée là en guise de pare-sable, l’autoroute Cross-Desert est ponctuée tous les cinq kilomètres une petite maison bleue, habitée et gardée (la vie de fou!), et qui correspond à un puit.

Même si le rêve de ciel bleu, de soleil et de super photo n’était pas au rendez-vous, on ne peu que resté admiratif devant les beautés du néant, de l’immensité et de la sérénité de cette mer de sable qui s’étant sur un territoire grand comme la moitié de la France. Rappelons que le Taklamakan est le troisième plus grand désert du monde, après le Sahara et le Kalahari.
On s’est consolé en se tapant l’œuvre cinématographique quasi complète de Jacky Chan… y’a que ça dans les bus, baston, baston, baston… l’avantage c’est qu’il ne faut pas être docteur en mandarin pour comprendre ce qu’il se passe dans le film… loin de là!

Une fois arrivé à Urumqi, on s’est rendu, tous les trois, à une auberge de jeunesse. Comme il n’y avait plus ni chambres triples, ni dortoirs de quatre, on s’est retrouvé avec un chinois, un vieux taïwanais et un hollandais dans un dortoir sans clim (le drame pour moi), mais j’ai réussi de récupérer un lit au rez-de-chaussée et non pas à l’étage, je m’en sort bien! Pis bon, après 20h de bus le seul truc important c’est de pouvoir prendre une bonne douche et sur ce point, rien à redire!

Après un Hamburger et une bière noire local dans le café occidental du coin (franchement, on le méritait!) on est allé avec Jean-Yves au musée de la Région Autonome du Xinjiang, arrivé sur place on s’est étonné de voir que 20 minutes avant l’ouverture il y avait déjà pas loin d’une centaine de personne qui faisait la queue, en fait il s’agissait d’une journée à guichets clos… cool, y’a pas de petite économie, surtout ici!
Le musée d’Urumqi est énorme et particulièrement bien présenté; entre les maquettes de la régions avec les chaînes de montagnes et le désert, les salles consacrées à la route de la soie, celles dédiées à l’histoire préhistorique et dynastique de la région et une zone présentant treize des minorités qui composent la région avec us et coutumes, le rez-de-chaussée est une randonné à lui tout seul ! A l’étage on peut trouver une collection de tapis, des momies (dont la célèbre beauté de Luhang) et une salle dédiée à la révolution communiste où l’on se déplace entre les jeeps, les mitraillettes et les lance roquettes…!

On a ressentit la même impression ici, même pire, que lorsqu’on avait visité le musée de Hotan; la propagande et la censure sont là, les faits historiques tournés (voire même modifiés) au profit des chinois Hans afin de justifier l’annexion de cette région et son rattachement à la République Populaire de Chine… c’est sur qu’à aucun endroit il n’est marqué « on est là pour le pétrole et la position militaire stratégique, mais votre vie on s’en fout »…

On a réussi à acheter les billets d’avion retour depuis l’auberge de jeunesse à un prix relativement correct, donc retour sur Shenzhen, via Lanzhou, le 04/07 dans l’après midi comme prévu. On sera à l’heure pour le restaurant japonais !
Demain on part les trois, avec Cyril notre ami suisse, pour le lac TianChi. En effet Urumqi n’a rien d’intéressant à nous offrir (mis à part le musée) et on préfère passer les deux dernières journées dans la région dans les montagnes plutôt que dans les gaz d’échappement… ! Apparemment la zone du lac TianChi est extrêmement touristique et ça risque de contraster avec les lieux qu’on a pu voir jusqu’à maintenant, mais bon un lac et des montagnes c’est mieux que rien et au moins on est prévenu!

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02/07/08 – Yourte lac TianChi – 22h

"Une émeraude dans un écrin de montagnes"

Rahhh qu’ils m’énervent!!! On a démarré ce matin à 9h30 en bus publique (en théorie) pour monter dans les montagnes et rejoindre le lac TianChi, à 11h30 on était encore dans la ville à faire la tournée des hôtels pour cueillir les chinois qui avaient réservé le bus mais qui n’étaient pas foutu de bouger leur cul pour faire comme nous et se déplacer jusqu’à la station de bus… on attend, on va en chercher des autres, certains sont pas là, d’autres annulent… franchement j’avais les boules! On sort de la ville, on roule à peine 30min et là déjà une pause pipi… après 20min de pause (abusé!) on repart et cette fois on attaque la route de montagne, on pense que cette fois la prochaine destination est le lac, mais non! Cerise sur le gâteau on s’arrête à nouveau pour la visite (et la vente bien sûr) d’un centre de médecine traditionnelle (herbes, jus de serpents, griffes de tigres et de dragons, cornes de rhinocéros et de licornes…!), sérieux… à la limite de craquer !

Au bout de 6h, alors qu’il en faut normalement que trois, on atteint enfin le portail d’entrée (payante!) du parc du TianChi… épuisés moralement…

Dès la sortie du bus on fait la rencontre de Hachit (ou plutôt c’est lui qui est venu notre rencontre), loueur de yourtes au bord du lac. Après une discussion rapide et un accord sur un prix correct pour une nuit en pension complète (4€), on accepte sa proposition et on lui donne rendez-vous quelques heures plus tard. En effet le lac est à une bonne heure et demi de marche du parking et il faut encore compter une bonne heure pour rejoindre le campement de Hachit. Bien entendu, comme on est à TianChiLand Parc, il y a un service de bus, de voiturettes et même un téléphérique pour nous monter au bord du lac… mais franchement qui penserait que deux francs-comtois et un suisse s’abaisseraient à prendre des transports motorisés en zone montagneuse? Même si ils traînent leurs gros sacs de 16-17kg… on a notre honneur! Donc en route sur le sentier!

On s’est allié avec deux filles pour la randonnée, elles étaient avec nous dans le bus et ont participé aux négociations avec le businessman kirghize… à cinq on est plus fort pour tirer les prix bas… surtout quand y’en a trois qui parlent chinois ! Ok on est les maillons faibles… incultes de français.
Ces deux étudiantes de 22 ans vivent à Pékin, Dasha est russe, de Moscou, et Marianna est grecque… voilà donc un joli petit groupe international parti à l’assaut des sentiers bétonnés de la montagne !

La montée jusqu’au lac longe le torrent bouillonnant sur environ 400m de dénivelé, en passant par le superbe Dragon Flight pool, un bassin aux eaux d’un bleu profond où se déverse de jolies petites cascades en amont faisant face à une impressionnante chute d’eau, d’une vingtaine de mètres, qui vide le bassin en ava0l. Quand on pense que hier encore on était au milieu des dunes du Taklamakan à a peine quelques heures d’ici, c’est le jour et la nuit!
Après une dernière rampe d’escaliers à grimper on arrive au bord du lac à 1950m, mis à part un ou deux hôtels hideux, un temple DisneyLand et quelques bateaux dragons à touristes (Jean-Yves a pas voulu me payer un tour, salop!) amarrés aux pontons, le coin est resté relativement sauvage et on est plutôt surpris dans le bon sens, on s’attendait vraiment à quelque chose de plus bétonné et pourri par le tourisme, tant mieux !
Le lac est d’un bleu turquoise et est entouré d’un joli écrin de montagnes aux pentes d’herbes abruptes et aux crêtes acérées, au loin les sommets enneigés du Pic de Dieu (5000m et des poussières) donnent une dimension supérieur au paysage… effectivement, ce lac mérite bien son surnom de « lac du paradis ».

Après une demi heure de contrôle des passeports, pour nous rappeler qu’on est toujours en Chine, et une demi heure de ballade en bord de lac (dont une courte partie en voiture, deux devant, cinq derrière, les sacs et le mouton dans le coffre!), on a rejoint le campement de Hachit, encore une fois on a été surpris en bien! Les yourtes qu’il loue sont disposées au milieu d’un vaste petit village kirghize d’une dizaine de tentes coincé entre le lac et les montagnes dans un magnifique petit vallon à l’ombre des sapins et au milieu des chevaux, ça ne manque pas de cachet et d’authenticité, bref c’est l’endroit rêvé pour terminer le périple de la route de la soie, dommage qu’on ne puisse pas y passer un peu plus de temps!
On s’est installé les cinq dans une belle et grande yourte avant de prendre une petite collation (17h, commençait à avoir faim!).

La fin du voyage commence à se faire sentir dans nos pensées et on relâche la pression gentiment, en plus dans ce cadre paradisiaque on se laisse facilement aller à flémarder! Mais plutôt que de faire la sieste, les filles nous ont proposé une petite baignade dans les eaux froides du lac, très bonne idée… d’autant plus que c’est interdit, et que donc ça devient une nécessité de le faire! On s’est un peu éloigné du campement pour réaliser notre partie de striptease à l’abri des regards de la communauté kirghize et pour s’installer dans une jolie petite crique avec une plage d’herbe et de rochers… même si la première sensation est glaciale et qu’on en a le souffle coupé, on s’habitue vite à la température de l’eau et ça fait un bien fou! (en plus ça lave…) Un peu de détente et de thalassothérapie, ouais, c’est un bon programme de fin de journée! J’suis bien resté vingt minutes dans la flotte tellement ça me manquait, faut dire que la dernière fois que j’me suis trempé en entier datait de Tatopani et du bain dans la Kali Gandaki!

Après quelques acrobaties pour m’extirper du lac sur les pierres glissantes, on est rentré gentiment au camp en faisant quelques poses photos et discussions. Ce petit groupe formé au hasard des rencontres est vraiment très agréable, j’apprécie de pouvoir discuter de sujets assez compliqués concernant la Chine ou d’autres choses avec des gens non seulement cultivés, mais qui ont un certain vécu et le font partagé (même pour des jeunes, de 22 à 27 ans) et qui de plus ont une opinion propre et n’ont pas peur de la défendre. Ca change des touristes qui se prennent en photo devant les monuments et les montagnes sans même y jeter un coup d’œil, ni s’intéresser au pays qu’ils visitent, comme j’ai pu le voir au Népal (surtout à Katmandou) et très souvent en Chine… et heureusement ça rassure de tomber de temps en temps sur des gens comme ça!

On a finit la journée en laissant les filles au campement (elles avaient froid, faut dire qu’elles étaient équipées plus pour la plage que la montagne à 2000m!) et avec Cyril et Jean-Yves on est allé se balader, chacun sur sa crête (!), en montant au droit comme des tarés, pour observer le soleil couchant sur le lac et les cimes enneigées.

J’espère que demain on pourra se faire une belle balade, parce que le coin recèle d’un immense potentiel!

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03/07/08 – Urumqi – 23h

"Au pays de l’Heidi orientale"

La nuit a été super bonne, même si j’ai crevé de chaud au début, le fourneau marchant à plein régime pour les deux frileuse. On pensait dégager de bonne heure pour aller se balader, mais comme le petit déjeuner a tardé à arriver on a finalement démarré qu’à 9h30.
On a dit au revoir à Dasha et Marianna, elles espéraient pouvoir redescendre à Urumqi dans la matinée et prendre un train à destination de Turpan en fin de journée. Elles rejoindront ensuite la Russie et Moscou par le transsibérien, ça doit aussi être un truc à faire ça!

Je me suis donc lancé, avec mes deux compagnons, à l’ascension des montagnes entourant le lac TianChi. On a très vite perdu la trace du sentier (inconsciemment ou non) pour s’aventurer sur les pentes les plus raides, à quatre pattes au milieu des pierriers et autres glissades de terre, s’accrochant parfois avec les dents aux quelques plantes qui poussent là (j’exagère? Non, si peu!)… en tout cas, ça défoule!!
Après une ou deux heures de marche (…de reptation plutôt), on a commencé à attendre des bruits de moteurs, et quelques centaines de mètres plus loin, au détour du sentier, on a rencontré le coupable… ou plutôt les coupables, tous arborant un casque rouge de chantier, en pleine construction d’une route! Beinh ouais, c’est un des seuls endroits de Chine qui n’était pas asphalté, il fallait bien faire quelque chose pour rayer de la carte ces alpages en fleurs si honteux…
D’après nos hypothèses, il s’agit d’une artère reliant la zone touristique du lac TianChi à un col d’où l’on peut jouir d’un magnifique panorama sur le lac et le Pic de Dieu à l’est et d’une vue époustouflante sur Urumqi et les sommets enneigés des TianShan à l’est… peut être même que par temps clair on voit les dunes du Taklamakan… Mais d’ici un ou deux ans il risque de pousser ici une immonde tour d’observation et de nombreux hôtels pour transformer le coin en Kleine Scheidegg asiatique…

Juste en face des travaux, une dizaine de kirghizes regardaient, songeurs, la pelle mécanique effectuant une saignée irréversible dans leur montagne… On s’est assis avec eux et on a échangé quelques mots, avec Cyril et son vocabulaire chinois, même limité, c’est tout de suite plus facile d’établir le contact! On en a été quitte pour une tasse de thé salé au lait (sûrement de vache cette fois, c’était plus doux que celui de yak) et un bout de pain pour agrémenter notre pique-nique composé uniquement de raisins secs!

Le temps pressant, on est vite monté encore une centaine de mètres (jusqu’à 2600m en fait) au dessus du col pour avoir une superbe vue sur le lac et le massif avant d’entamer la descente.
Je ne sais pas si le mot «descente» est bien approprié, «dégringolade» ou «chute libre» serraient peut être plus proche de la vérité! Bref une course folle dans les pentes d’herbes et de pierres jusqu’au campement. C’est super agréable de se balader avec Cyril, d’une part c’est quelqu’un de super sympa avec qui nous avons beaucoup d’idées et de points communs et d’autre part c’est un suisse, un vrai suisse de la montagne à qui on a pas besoin de montrer comment utiliser une paire de pieds sur les sentier, au contraire on reçoit plutôt la leçon! Une vraie fusée!

Une fois en bas, comme on avait encore un peu de marge avant de redescendre prendre le bus retour pour Urumqi, on s’est accordé un dernier plongeon rafraîchissant dans les eaux limpides du TianChi.
La redescente au parking c’est fait à la même allure, excessivement rapide, en moins d’une heure Jean-Yves et Cyril avait ralliés l’entrée du parc (sacs au dos). Ils m’ont précédé d’une dizaine de minutes, j’ai quand même réussi à me perdre (oui allez-y, lancez moi des pierres j’ai honte…) et j’me suis retrouvé dans un complexe hôtelier à tourner en rond avant de retrouver le bon chemin de descente... On a finit un peu secs et déshydratés et le Pepsi frais, avant de prendre le bus, avait des allures de Saint Graal!

Bien entendu, histoire de nous énerver une dernière fois, le bus de retour a fait une halte dans un magasin de jade à l’entrée de la ville, là ça en était trop! On a pris nos sacs et on est descendu du bus pour choper un taxi qui nous a posé directement à l’hôtel (le même que deux jours avant), sans passer 4h à sillonner la ville pour visiter toutes les merdes de magasins de ci et de ça pour entuber les touristes chinois…

Pour célébrer ensemble cette fin de voyage (Cyril aussi prend son avion demain et quitte le Xinjiang) on s’est fait un super Hot Pot au restaurant, une fondue chinoise au bouillon épicé dans lequel on plonge tout ce qui nous passe sous la main: viandes, champignons, salades, nouilles, téléphone portable, etc…
Une dernière bière au pub anglais juste à côté et on était bien murs pour une bonne douche et un gros dodo! Notons quand même que la taiwanaise qui partageait notre dortoir était un peu surprise en voyant arriver ces trois barbus bien crades, et pour cause, la réception lui avait dit que c’était un dortoir de filles!

Demain avion à 10h et retour sur Shenzhen, on signe là la fin des aventures au Turkestan oriental.

28.06.2008

La route des oasis

Deux notes ajoutées pour le prix d'une! "Entre les glaces du Pamir", suivi de "La route des oasis".

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26/06/08 - Kashgar - 22h30

"Il descend de la montagne en Isuzu..."

Après avoir remercié comme il se devait (c'est à dire payé) nos hôtes pour ces deux nuits en yourte, en pension complète au sein d'une famille kirghize, nous avons commencé à chercher un moyen de transport (bon marché) pour rejoindre Kashgar. Au même moment un jeune nous accoste pour nous proposer de prendre place dans son faux 4x4 Isuzu (c'est à dire une deux roue motrice déguisée en pick-up), affaire conclue! Ca devrait être plus confortable et guère plus cher que le bus...
Mais 50m plus loin on embarque un suisse (Zurich) et sa compagne chinoise, de deux à l'arrière on passe à trois, serrés comme des harengs! Et bien sur c'est la chinoise de 30Kg (lunettes de soleil comprises...) qui prend place devant...

On fait nos adieux au massif du Pamir et à ces géants himalayens pour reprendre la route du Karakoram, par laquelle on était arrivé, avec un petit pincement au cœur, mais dans l'attente d'une bonne douche!

3h30 plus tard, et 4 fesses, 4 genoux, en moins (!) on arrive à Kashgar. On pensait retourner à l'hôtel ChiniBagh, comme quelques jours auparavant, mais on nous a fait comprendre à la réception que l'hôtel était complet! Et effectivement une armée de jeunes garçons (avec tous la même tête!) avait envahit les lieux, on percutera plus tard que c'était le jour du passage d'une flamme Olympique (à force on sait plus combien il y en a!) dans la ville.

Le reste de la journée a été pépère et on est resté cachés dans la chambre pour éviter le soleil de plomb qui inondait les rues de la ville, sieste et gros geuleton (steak-frites, pizza) pour se remettre d'aplomb des séances de pain + thé au lait de yak des derniers jours!

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27/06/08 - Yarkan - 21h30

"A couteaux tirés"

Le repas excessif de la veille a été une belle connerie! Trop bouffé, on a été malades toute la nuit et on a rien dormi... A force de se nourrir de trois bouts de pain et d'un verre d'eau, notre estomac ne supporte plus trop les excès... C'est malin!

On a quitté Kashgar pour faire d'abord une courte étape à Yengisar, ville entièrement dédiée à la fabrication et au commerce des couteaux ouïgours. Après une petite dizaine de magasins visités et quelques achats (même si Jean-Yves en voulait encore plus!), on a calmé nos ardeurs dépensières et cherché un bus pour la ville de Yarkan, étape suivante de la route de la soie.

On pensait visiter des fabriques de couteaux (comme le disait le Lonely Planet) à Yengisar mais en réalité, la fabrication étant très artisanale, on a dû se contenter de voir quelques gamins affûter et tailler des lames sur des meuleuses à même le trottoir... pas très impressionnant!

Comme le bus (hypothétique) pour Yarkan semblait partir trop tard dans la journée, on a accepté la proposition de rejoindre la ville en voiture, avec trois ouïgours. La route entre les deux villes n'étant qu'une grande et longue ligne droite dans le désert du Taklamakan, notre chauffeur avait tendance à piquer du nez! Premier symptôme, il ouvre sa vitre à fond pour se faire frapper le visage par l'air bouillant du désert, puis, l'effet n'étant pas suffisant et ses yeux se fermant toujours autant, il monte le volume de son autoradio de plus en plus jusqu'à faire péter les enceintes... et nos tympans!!

En trois mois j'en ai eu des chauffeurs qui conduisaient n'importe comment et comme des dingues, mais c'est la première fois que je suis aussi peu rassuré sur mon espérance de vie!

A une vingtaine de kilomètre de Yarkan, on est arrêté par un barrage de police. Il faudra qu'on décolle tous les films autocollants appliqués sur les quatre vitres de la voiture pour leur donner une teinte (protection solaire) afin de pouvoir repartir. Les autres véhicules arrêtés font de même... Bizarre!

Arrivés à Yarkan, le premier hôtel testé nous refuse! On était prévenus, on se dirige donc vers l'unique hôtel de la ville habilité à recevoir des étrangers... Avec ce genre de signes annonciateurs des mœurs touristiques de la ville, on sait au moins à quoi s'attendre!

On termine la journée par une ballade dans la vieille ville dont les rues sont incroyablement animées de vendeurs, ferronniers, menuisiers et autres artisans. Un petit détour par la mosquée et les tombeaux impériaux (qu'on ne visitera pas, marre de payer!) avant de retourner à l'hôtel avec fièrement, une énorme glace en pot à la main!

On notera quand même qu'on a aussi refusé de nous vendre des fruits secs sur le bazar... charmant pays!

Je vais terminer par un court hommage à quelqu'un qui nous a quitté hier et dont j'ai appris la disparition ce matin. Il m'a donné tout au long de ma vie tout son amour et toute sa tendresse sans jamais compter, il m'a inculqué les valeurs et le respect de la nature en m'emmenant parcourir avec lui les bois, les prés, les rivières, les jardins d'innombrables fois... Il m'a donné, parmis toutes les éducations qu'il m'a transmis, le goût de la découverte, de l'invention, du bricolage...
Sans tout énumérer ce que je lui dois (la liste est sans fin...), c'est quelqu'un qui a fortement contribué à faire de moi ce que je suis aujourd'hui... Merci.
Quelle triste coïncidence d'apprendre ton décès au milieu des échoppes de couteaux, toi qui les aimait tant... Adieu Papy.

27.06.2008

Entre les glaces du Pamir

22/06/08 - Kashgar - 23h

"Et j'entend siffler le train..."

La partie de train de la journée s'est bien terminée, même si je n'ai pas pu conclure avec la nonagénaire édentée!

Lors de ce voyage ferroviaire vers l'extrême ouest chinois, on a sentit très nettement que le melting-pot n'opérait pas ici. Aucune cohésion inter-ethnique, bien au contraire, le nationalisme/communautarisme est très développé et chaque groupe (Hans, ouïgour, kazakhs, kirghizes...) regarde l'autre avec un œil très méfiant...
Les mémés préféraient nous demander à nous, vrais étrangers pourtant, de garder leurs affaires (lors des pauses pipi) ou de leur ouvrir une bouteille d'eau plutôt qu'aux chinois hans (= le chinois de Pékin) assis pourtant entre elles et nous.
Un incident, un vol a priori, qui a mis le train en état alerte (flics à l'appui) et la communauté ouïgour en émoi, nous a aussi permit de voir à quel point le mariage entre les "locaux" et les "envahisseurs de l'est" est raté... et fragile...

Dans le train nous avons fait la rencontre d'une italienne (que notre sens de sociabilisation très développé nous poussera à appeler "l'italienne" (!)) qui nous a sollicité pour partager un taxi jusqu'au centre ville à l'arrivée.
Une fois Kashgar ralliée, nous nous sommes donc rendus, tous les trois, à l'hôtel (pour occidentaux...) "Chini Bagh". Comme notre compagne de taxi ne trouvait pas de place en dortoirs et que les chambres simples étaient trop chers on lui a aimablement proposé de l'héberger, c'est à dire de prendre une chambre triple... oui, oui, on est trop bons, ça nous perdra!

Comme c'était dimanche, jour du grand marché, et qu'il était déjà presque 19h (17h local), on a vite sauté dans un taxi avec Jean-Yves pour assister à la fin des festivités.
Le bazar principal était très classique (un peu touristique même), mais les rues parallèles ne manquaient pas d'agitation, de couleurs, d'odeurs... et surtout de belles gueules à prendre à photo!
On a mitraillé avec les appareils comme on pouvait (aussi discrètement que possible, les vieux musulmans ne sont pas très fans des photos...) au milieu de cette foule où les ânes attelés, les scooters et les triporteurs essayaient de se faire un chemin tant bien que mal à travers les échoppes, disposées à même le sol, de fruits, légumes, graines, viandes, poissons et autres denrées alimentaires... L'Asie Centrale dans toute sa splendeur! L'harmonie et le charme d'un bordel monstrueux et sans aucune structure...

On s'est quand même laissé tenté par une paire de magnifiques couteaux ouïgours... Beinh ouais on est des garçons quand même! Les garçons ça aiment les gros couteaux! (Attention au premier qui dit "symbole phallique, compensation"!).

On est rentré en traversant la vieille ville ouïgoure en sillonnant les petites ruelles bordées de mosquées et autre bâtiments de style arabiques, sous les regards (accusateurs?) des vieux barbus et en essayant d'imaginer un visages aux femmes qu'on croisait, la tête recouverte d'un épais foulard brun (sans trous!)... Les enfants, en particulier les fillettes, sont en revanche magnifiquement habillés de tenues qu'on croirait sortis d'un conte des 1001 Nuits, des tissus aux couleurs vives et chatoyantes ornés de perles et autres artifices de décoration scintillants... superbe!

On a tenté une spécialité locale pour le souper dans un boui-boui du marché de nuit: des gros raviolis fourrés au mouton... mauvaise pioche! C'était dégueulasse... On s'est rabattu sur quelques raisins secs achetés à Kuqa pour se caler...

Là, on attend notre "colocataire" pour l'extinction des feux, on lui avait pourtant donné que la permission de minuit!

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23/06/08 - Kashgar - 22h

"Kashgar, la ville à deux visages"

Notre colocataire italienne nous a quitté tôt dans la matinée (elle partait en bus pour le lac Karakul), on dormait encore. D'aprés Jean-Yves, j'ai réalisé l'un des plus beau concerto de ronflements de ma vie pour l'acceuillir... elle a pas du être décue (je vous entend dire "la pauvre", mais normalement c'est un concert à 12€! Considèrez sa chance!)...

On a pas mal pétouillé dans la matinée pour éssayer de trouver des timbres pour les cartes postales (15 pour Jean-Yves, 4 pour moi... et encore j'm'en suis envoyé une! :) ) ainsi que des informations sur la suite de notre programme, en particulier les possibilités de randos dans le Pamir et le Karakoram, notre prochain objectif étant la route du Karakoram (l'une des, si ce n'est la, plus belles routes au monde d'aprés les guides) jusqu'à la frontière pakistanaise.

Première déception, la route est interdite (depuis longtemps) aux étrangers qui sont sans VISA pakistanais ET sans réservations de transport au Pakistan à partir de Tashkurgan, à une centaine de kilomètre du col frontière de Khunjerab (4800m) qu'on esperait pourtant rejoindre (infos du guide Lonely Planet pas top sur ce coup là).

Comme ça ne nous interesse pas trop de séjourner en ville à Tashkurgan (on à déjà donné...), on restreint donc notre objectif au lac Karakul à 3600m, situé 45km avant Tashkurgan et coincé entre deux géants himalayens du massif du Pamir, le Muzhtag-Ata (7546m, haut) et le Kongur-Tagh (7719m, très haut!). Apparemment on peut louer des yourtes kirghizes sur les bords du lac.

Niveau rando on voudrait se faire le camp de base du Muzhtag-Ata à 4547m et éventuellement pousser jusqu'à 5000m si ça va bien en direction du camp n°1 à 5400m... beau programme, sauf que ce trek est soumis à un accès réglementé et à un permis, super...!

Concernant le prix du permis les infos vont de 15 à 50€ par jour de trek, et il semblerait que le reste de la montagne soit totalement interdite et qu'en plus il y ait de fréquents contrôles (policiers du BSP à cheval...).
Le BSP (bureau de sécurité publique), c'est un peu les Walker Texas Rangers du farwest chinois, genre "ChenChang Xinjiang Rangers"... donc si on peut éviter d'être confronté à eux trop souvent ce serrait pas plus mal...

Bref, que des infos décevantes pour le moment, on sent qu'on va rester cloisonnés à 100m autour du lac (payant, soit dit en passant) au beau milieu des montagnes sans pouvoir en toucher une... Frustration garantie...
Il existe une carte au 100 000ième des environs du lac, difficilement dénichable, qu'on va quand même éssayer d'obtenir pour y voir plus clair.

Dans l'aprés midi on voulait aller voir le célèbre marché aux animaux de Kashgar aux abords de la ville. Le premier taxi, tout gestuculant et marmonant des sons incompréhensibles pour nos petites oreilles d'européens, nous a simplement posé au bazar où on s'était rendu la veille. Seconde tentative, second taxi, on fait juste 50m, il ouvre sa vitre pour interpeller trois jeunes filles qui viennent, en guise de traductrices, nous demander si c'est bien au ZOO qu'on veut aller... Dans un anglais hésitant mais suffisant, on finit par comprendre que le marché aux animaux n'a lieu que le dimanche et qu'on l'a donc loupé la veille sans le savoir... grrrr! fait chier! (encore un point sur lequel le Lonely Planet n'a pas été assez clair).
On retentera notre chance dans une semaine à Hotan, un marché similaire s'y déroule aussi tous les dimanches.

On refait donc, à peu de choses prés, la même ballade que la veille (et bien sur on rachete quelques couteaux au passage!). En fin de journée on sépare les troupes, l'un va à la poste coller trois timbres différents sur chacune des 19 cartes (!) pendant que l'autre va acheter la carte du Muzhtag-Ata (17€, les enfoirés!).

Pour (éssayer de) se consoler on s'est payé un steak-frites au John's Cafe, mais comme la serveuse n'avait rien compris elle a d'abord apporté des frites à Jean-Yves et un steak pour moi avant qu'on lui redemande, 20min plus tard, la même chose pour complèter chacun nos assiettes bien froides... et déjà bien vide!

Alors que Jean-Yves s'endort en 2min après cette journée pleine de "ratés", je me couche inquiet et assez soucieux quant aux emmerdes et difficultés qu'on va surement rencontrer demain...

Lors des nombreux aller-retours qu'on a fait aux quatre coins de la ville, on s'est rendu compte que Kashgar était nettement scindée en deux parties distinctes. A l'est, la vieille ville ouïgoure avec ses mosquées, ses bazars, sa note typiquement arabe et ses habitants musulmans, ancrés dans les traditions religieuses et vestimentaires, arborant un mode de vie traditionnelle assez rudimentaire. Au centre de la ville est amménagée une place style "Tiananmen", avec petits ponts à la pékinoise et lampions de Pingyao, dominée au nord par une statue de Mao triomphant... une démonstration de la culture et des idéologies Han provoquant et défiant ouvertement les traditions locales (démonstration de force à vomir...). A l'ouest de cette place se dresse la ville "chinoise", moderne et semblable à toute les autres: boutiques (limite de luxe), 4x4, scooters, société de consommation sur-développée, mini jupes etc... sans aucune ame... La population y est totalement importée des régions chinoises de l'est (Pékin, Shanghai...).
On ne voit presque pas de chinois han à l'est de la ville (à part les flics), et il y a que peu de ouïgours qui s'aventure à l'ouest de Kashgar... "one dream, one world" (sloggan des JO), ouais... mon cul!

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24/06/08 - Yourte, lac Karakul - 23h30

"Sous l'oeil bienveillant du Muzhtag-Ata"

On s'est dirigé vers la gare routière pour y prendre le bus de 10h (8h local) pour le lac Karakul. Après avoir écumé toutes les stations service de la ville pour glaner quelques litres de gasoil (apparemment difficile à obtenir...) ainsi que les gares routières et arrêts de bus pour remplir le bus, on s'est mis en route pour les montagnes quelques deux heures plus tard! Après 40min, le bus s'arrête: pause déjeuner... C'est ça la Chine, on apprend la patience par la force des choses...

L'accès au haut plateau du Pamir se fait en traversant les profondes gorges du Gez, entourées de montagnes sculptées de manière impressionnante par l'érosion. Après un passage, à pied, à un poste de contrôle extrêmement armé et sécurisé, la Route du Karakoram grimpe en quelques lacets jusqu'à la plaine aride du splendide lac Karakul, perché à 3600m à l'ombre des innombrables glaciers (peut être une trentaine, j'en ai jamais vu autant en un seul coup d'oeil, de vraies pieuvres!) du Muzhtag-Ata (7546m) et du Kongur-Tagh (7719m).

Aussitôt sortis du bus, une foule de kirghizes s'est jeté sur nous pour nous proposer un hébergement chez l'habitant en yourte. Au même moment on a croisé notre italienne de Kashgar, qui elle montait dans le bus, qui nous a assuré que la prestation dans ces hôtels en peau de chameaux était génial. En quelques minutes on s'est donc retrouvé dans un village de yourtes traditionnelles (une douzaine) habité par une tribu kirghize convertie au tourisme (un peu sur l'aspect financier, mais pas trop sur le mode de vie), à boire un thé salé avec du lait de yak (beurkk...) assis en tailleur sur les tapis d'une yourte (une vraie, une belle qui pue!) avec Mahomet, dit Mamat, notre hôte.

La petite famille avec qui on va partager le quotidien dans moins de 20m² se compose de cinq personnes: Mamat (35 ans), sa femme (26 ans), ses deux filles (4 et 6 ans) et le fils aîné (10 ans) qui est en pension à l'école (de ce qu'on a compris). Les échangent se font surtout avec les mains et des mimique, l'anglais de Mamat étant relativement restreint à "my friend", "motorbike", "camel" et "horse"...

Après ces présentations au lait de yak (toujours garder le sourire quand on boit... pas si facile, et quand il ressert dur de dire non...) on est allé faire quelques photos dehors, du lac, des yourtes et des montagnes... quel ensemble!! Sur notre lancé, on s'est engagés pour un tour du lac (qui n'avait pas l'air bien long!), afin de demander les prix des permis de trek au village entre autre. Bien entendu on est parti sans eau, ni casquettes.
Après avoir passé un poste de police (lourdement armé) le long de la route, on a buté sur un poste de contrôle à 1km du village. Les gardes nous ont dit qu'il fallait aller s'enregistrer au poste de police avec les passeports (restés à la yourte) pour obtenir un laisser passer pour le village et gnagna et gnagna... Après avoir fait des gueules de chiens battus et avoir mimé quelques photos de la montagne pour avoir l'air innocent, ils ont fini par nous laisser passer sans paperasses. Dans la discussion on a appris que le permis pour le camp de base du Muzhtag-Ata s'obtient 10km plus loin, pour la somme astronomique de 28€ par jour! Ils peuvent crever, on va trouver un plan B!

En réalité une compagnie pékinoise privée détient les droits sur la montagne et le lac pour 50ans. Elle s'en met donc plein les poches en faisant payer l'accès au lac (5€), permis de trek (28€/jour) et permis d'ascension (1080$, jusqu'à 12 personne, pas très cher) de cette montagne relativement en vogue dans les milieux de l'alpinisme amateur car considérée comme l'un des (le) sommets de plus de 7000m les plus facile techniquement (et des plus abordable financièrement). Je reviendrai.

Le tour du lac était plus long qu'il n'y paraissait, en plus c'était vraiment magnifique donc photo, photo, photo!
Au nord, les glaciers tentaculaires du Kongur-Tagh plongent dans la plaine du lac en arrachant la montagne sur leur passage et en formant des moraines qui sont de véritables remparts, au sud-est se dresse massivement le Muzhtag-Ata, sommet arrondi d'un blanc étincelant qui semble si proche et accessible mais qui nous domine pourtant de 4000m! Entre ces deux géants le lac Karakul est un miroir dans lequel se reflètent les neiges et calottes glaciaires des sommets, bordés par des prairies où broutent chèvres, moutons, chevaux mais aussi yaks et chameaux au beau milieu des yourtes kirghizes... un petit paradis terrestre!

Après deux mois dans la chaîne principale de l'Himalaya népalais, j'ai vu des endroits magnifiques, superbes, grandioses, impressionnants... mais c'est ici que l'harmonie entre les éléments du paysage est la plus marquée, un accord parfait entre l'eau, la glace, le sable, la roche et l'herbe.

Au bout de pas loin de quatre heures (!), j'ai rejoins les yourtes pour y trouver un Jean-Yves (qui m'avait précédé) couché dans son sac de couchage et malade comme un chien, insolation à première vue.

J'ai partagé le repas (riz, œuf, légumes...), arrosé de grand coup de thé au lait de yak (de nag en fait, la femelle du yak, soyons précis!), avec la famille avant d'aller prendre quelques clichés d'un Muzhtag-Ata éclairé par un soleil couchant tout rouge et dédoublé par les eaux calmes du lac, le décors de carte postale... non; mieux que ça encore!

Pendant ce temps Jean-Yves agonisait, couché au fond de la yourte.

Il semblerait que les kirghizes soient disposés (moyennant finance) à nous conduire au second camp de base du Muzhtag-Ata, sur le versant nord-est, à 3h de moto d'ici. Bien entendu c'est une zone interdite pour nous et il faudra faire quelques détours pour éviter les autorités (pas autant présentes qu'on nous l'avait dit à Kashgar), mais c'est ça ou jouer avec les chèvres au bord du lac toute la journée, donc le jeu en vaut la chandelle à mon avis! On verra demain l'état de Jean-Yves pour voir si on tente le coup ou non.

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25/06/08 - Yourte, lac Karakul - 23h

"Un Mt Blanc? Pas vraiment, mais vraiment blanc!"

La nuit n'a pas été terrible pour Jean-Yves , ses respirations haletantes ont inquiétés nos hôtes (qui m'ont réveillé deux fois pour que je m'occupe de lui... ou que je l'achève, qui sait?), il a fallut du temps (et une vidange d'estomac!) pour qu'il se sente mieux et puisse aussi profiter du spectacle des étoiles visible depuis l'ouverture sommitale de la yourte (passage du corps de fourneau, aération, lumière...).

Même si il se sentait mieux au réveil, Jean-Yves préférait rester à la yourte aujourd'hui pour se reposer et éviter le soleil. Comme il semblait suffisamment remis, je n'ai pas eu trop de scrupules à le laisser seul au village de yourtes (avec toute une tribu pour lui casser les couilles en lui demandant toutes les 5min si ça va!) et à tenter la rando au camp de base tout seul.

J'avais négocié une moto + pilote pour faire l'aller-retour et m'attendre pendant que je me baladais pour 8€.
Donc à 10h (8h local), un kirghize dénommé Djilil est passé me prendre avec sa bécane et on s'est mis en route pour ce fameux camp de base en empruntant les petits sentiers et en prenant soin de contourner le lac par la gauche pour éviter de passer devant le poste de police, idem dans le village, qu'on a traversé en rasant les murs.

Au bout d'une trentaine de minutes, alors que le sentier remontait une vallée totalement désertique, on entend un bruit: "swiffft, jponggg, pfchhh...", je descend de la moto, Djilil me regarde dans les yeux, sans baisser le regard vers la roue, en faisant "no, no, no!"... je lui réponds tristement "...yes".
Pneu ouvert et chambre à air percée... au milieu de la montagne désertique... Super, ça commence bien!
Demi tour... Après avoir poussé la moto un quart d'heure, mon pilote me fait comprendre de le retrouver aux yourtes et il m'abandonne sous le soleil, rentrant en roulant sur la jante arrière.

Après une heure de marche, je le retrouve au village une chambre à air neuve dans une main et une barre-à-mines dans l'autre. Ils étaient deux à s'énerver sur la roue sans être foutu de démonter le pneu... Au bout de 10min à les voir s'évertuer sans résultats, agacé, je lui ai pris sa tige de fer des mains et en 20 secondes le pneu était sorti de la jante! Les branquignolles...
Une fois la chambre à air remplacée, et l'ancienne éventrée pour constituer un renfort entre la nouvelle et le pneu, il fallut encore trouver une pompe... la cinquième maison fut la bonne...

Même joueur joue encore! En selle, c'est repartit pour un essai. Ce sera le bon! A peine 1h plus tard (on m'avait dit 3h...) on débouche sur un plateau à 4100m habité d'une quinzaine de maisons et entouré d'innombrables troupeaux de moutons, chèvres et yaks. Voilà ce que les kirghizes appellent "leur camp de base". C'est absolument pas où je pensais aller mais ça ferra bien l'affaire pour me balader quelques heures.

Sans perdre une minute, je m'élance droit contre le Muzhtag-Ata en espérant atteindre les glaciers. L'endroit ne manque pas de charme, très dénudé niveau végétation, les troupeaux se regroupent le long des quelques ruisseaux qui fendent les collines arides jusqu'au plateau. En face l'impressionnante masse blanche du Muzhtag-Ata m'attire vers elle, et dans mon dos les glaciers tentaculaires du Kongur-Tagh grandissent au fur et à mesure que je prend de l'altitude.
Arrivé à 4747m je bute enfin contre le glacier, arfff fait chier manque une 60aine de mètres, juste pour dire... j'aurais pu les faire, mais traverser une partie du glacier pour gagner quelques mètres symboliques m'aurait pris plus d'une heure dans ces conditions, donc je me contenterai de rester sous le sommet de ce Mt Blanc virtuel!

Depuis son pied, le Muzhtag-Ata révèle toute la puissance écrasante d'un sommet de 7500m... on se tait et on admire le monstre, la bouche ouverte...
Niveau altitude, il semble que les effets de l'acclimatation népalaise et des quelques piqûres de rappel dans les QuianShan et TianShan soient encore présents. Souffle bon, très bon, et aucun mal de tête ou autre symptôme lié à l'altitude... cool!
Prescription: un 4000m par semaine, à prendre en une seule fois. Ca va poser problème en juillet ça, quoique ;)

Une fois redescendu au milieu des troupeaux, un comité d'accueil (sympathique) m'attendait pour que je prenne une petite collation: yaourt au lait de brebis avec une galette de blé locale, arrosé à l'eau non traitée (si ce n'est à la pisse de yak) du torrent (si j'ai pas la chiasse avec ça!)... toujours garder le sourire et éviter de grimacer à chaque cuillère...

Direction la descente, en roue libre bien entendu, et sans freins, au milieu des troupeaux de marmottes (des dizaines, magnifiques: toutes dorées avec le haut de la tête et le bout de la queue noir). J'ai rejoins le village des yourtes avec le cul en compote (la moto c'est le mal!) vers 18h pour retrouver Jean-Yves endormi sur les coussins, il n'avait pas mis le nez dehors de la journée... Feignasse!

Après un bon (ironie inside) thé au lait de yak pour moi et un verre d'eau chaude pour Jean-Yves (il a mieux dressé les kirghizes que moi sur le plan de l'alimentation...) pour se requinquer, on est retourné se balader au bord du lac pour profiter de ce spectacle majestueux une dernière fois et prendre les chiottes "officielles" en photo... ça vaut des points!
Chaque kirghize du village est venu vers nous, à tour de rôle, pour essayer de nous refourguer des merdes en poils de chameaux ou autre cornes de yaks... malheureusement pour eux, on est de très mauvais clients, parmis les pires sûrement!

Dernière nuit dans la yourte, dans cet endroit enchanteur qui me laissera de magnifiques souvenirs. Demain retour sur Kashgar en bus, en stop, en vélo, dans la benne d'un camion? On verra!

22.06.2008

Longue chevauchée mécanique

19/06/08 - Yourte au bord du Lac Sayram - 22h

"Yakari et les kazakhs"

Après une bonne grasse matinée (on s'est couché tard, le jeune kazakh qui nous loue la yourte a voulu qu'on lui enseigne plein de mots de français hier soir... et il était curieux le bougre!) et un énorme repas, on s'est lancé à l'assaut des montagnes TianShan.

Direction les hauteurs dominant le lac Sayram en traversant les troupeaux de moutons, de vaches et de chevaux au milieu des champs de fleurs multicolores et des verts pâturages. Comme l'a si bien dit Jean-Yves: "même dans Yakari c'est pas aussi beau!".
Il est vrai que les yourtes dispersées dans la plaine et les montagnes ainsi que les cavaliers kazakhs qui circulent fièrement sur les sentiers donnent un côté "tribus indiennes" à l'endroit.

A 2600m, on s'est fait une pause téléphone; quoi de mieux que de sortir Mathilde du lit à 7h (heure française) au beau milieu de sa nuit alors que nous on gambade agréablement dans la montagne en admirant les sommets?... Oui, oui je sais, on est des salops!

On s'est fait un premier sommet, puis un second... et enfin un troisième à 3300m. On aurait pu jouer à ça encore des heures en suivant la ligne de crêtes et en se disant à chaque fois: "celui là, là bas! Il est plus haut"!
Le vent soufflant relativement fort on a pas eu trop chaud en grimpant, mais les coups de soleil étaient au rendez-vous le soir!

La descente s'est fait au plus court, c'est à dire que sur les 1200m à dévaler, les 450 premiers se sont fait en ramasse dans les cailloux d'un long couloir (inclinaison Mt de Grange) sous le sommet, un joli toboggan pour faire des dérapages contrôlés (pas toujours très bien d'ailleurs...)!
Puis on a traversé les alpages et la grande plaine, où broutaient de nombreux chameaux, pour rejoindre les bords du lac et notre campement.

Après ces 8h de rando sportive, on avait bien mérité une petite récompense, on s'est donc offert une bière fraîche sur la plage, les pieds dans l'eau (très très froide!) à contempler le soleil baisser vers l'horizon.

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21/06/08 - Kuqa - 22h

"Il est long le chemin papa!"

Depuis hier matin on navigue entre les minibus, les bus de nuit et les taxis pour rejoindre l'extrême ouest et Kashgar...et c'est pas fini!

On a quitté, tristement, le lac Sayram et son ambiance alpine d'Asie Centrale hier matin en direction de Yining pour y prendre un bus de nuit jusqu'à de Kuqa. En théorie la liaison devait se faire en plongeant directement vers le sud et en traversant les montagnes, en 24h. Mais en fait on est repassé par le lac, on a repris le long autoroute vers l'est jusqu'à Urumqi, et de là on s'est dirigé vers le sud-ouest jusqu'à destination. Durée: 24h aussi! Donc on a rien perdu, mais ça faisait un paquet de bornes!

Le trajet ne nous a pas semblé trop long dans l'ensemble (mis à part les quatre dernières heures, dans un bus classique (assis) à coté d'un vieux pervers qui proposait des attouchements sexuels au frêle et doux jeune homme que je suis... on aura vraiment tout vu dans ce pays de fous!), on a beaucoup dormit et le reste du temps les paysages étaient suffisamment magnifiques pour nous occuper.

On a scindé en deux le voyage jusqu'à Kashgar et on fait halte ce soir à Kuqa (un vrai lit, des chiottes et une douche de temps en temps...). Après une petite balade dans le sympathique et coloré bazar de la ville, on s'est tapé un bon repas afin de célébrer comme il se doit la fête de la musique! Au menu: crevettes grillés, frites, pastèque, canard à la pékinoise et beignets de bananes caramélisés!! On a bouffé à se faire vomir!!

Demain, encore 11h de train pour atteindre Kashgar. Alors la blague c'est que comme il n'y avait pas de sièges (places assises) en vente, on a pris un billet "voyageur debout" (très bon marché soit dit en passant)... donc on se prépare psychologiquement à faire 11h assis à cheval sur les sacs à dos! Wahoo fun!

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22/06/08 - Train pour Kashgar - 10h30

"Drague ferroviaire"

Adieu à toi joli rêve de grasse matinée dans un bon lit... le train démarrait à 8h ce matin (6h heure locale ouïgour)...

Comme on avait pas de places attitrées, on s'est rué sur les premiers sièges vides... on s'est toujours pas fait virés, espérons que ça dure!

Pour l'instant Jean-Yves est entrain de faire des miracles de communication en anglais afin de séduire les deux charmantes jeunes filles qui se sont installées à ses cotés en contant ses exploits de voyageur à travers le pays!
Pour ma part je suis entouré de deux vieilles pas très appétissantes, l'une bave et sent le fenec et l'autre arbore un sourire complètement édenté à mon égard... totalement irrésistibles!
Bref j'ai perdu à la "loterie siège"...sniff...

18.06.2008

La conquête de l'Ouest

15/06/08 - Bus pour Turpan - 18h30

"Vers l'enfer de chaleur"

La veille au soir, en rentrant à l'hôtel on a découvert que Dunhuang avait des allures de Shenzhen du nord en ce qui concerne la prostitution...
Les rues sont pleines de bordels, et au sein même de notre hôtel, collé à la réception, est installé un local dédié aux travailleuses de nuit... qui apparemment ont un commerce florissant aux vues des gros chinois qui y traînaient.
Encore plus fort, à 23h30 le téléphone de la chambre sonne: "hello, massage?" (c'est le terme chinois politiquement correct pour désigner une passe). Plutôt actif comme racolage!

Pour la journée d'aujourd'hui c'était grasse matinée, repos et petites courses (cyber café, carte mémoire appareil photo... je sais j'abuse!).
Le bus de nuit pour la prochaine étape, l'oasis de Turpan dans la région de l'extrême ouest chinois: le Xinjiang, ne démarrant qu'à 18h.

On stresse un peu à l'idée de se rendre à Turpan pour la simple et bonne raison que c'est la ville la plus chaude de Chine avec une température record de 49,6°C... si on pouvait éviter un nouvel article dans le Guiness Book le temps qu'on y soit, ce serrais pas plus mal!

Actuellement on est dans le bus, allongés assez confortablement (mieux que l'an passé entre Yangshuo et Shenzhen où on avait les places pourries du fond!), je ravie l'assistance avec l'odeur printanière de mes jolis petons (j'suis pas le seul!). C'est parti pour 14h à travers les paysages arides et les montagnes de rocailles de l'ouest du désert de Gobi.
Sainte-Climatisation priez pour moi!

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16/06/08 - Turpan - 23h

"Record d'altitude...négatif!"

Après s'être tapé une nuit de bus (on a pas trop mal dormis, agréable surprise!) et avoir passé, avec brio, notre premier contrôle policier (sûrement d'une longue liste...) on est arrivé dans la région du Xinjiang (voir détails dans la note suivante du 17/06/08: "Ouigouristan or not?").

Plus précisément, on a atteint l'oasis de Turpan qui présente la double caractéristique d'être l'endroit le plus chaud de Chine (record à 49,6°C!), mais aussi d'être le second endroit le plus bas du monde avec une altitude de 154m sous le niveau de la mer.
Donc après les 5500m+ népalais, voici un nouveau palier d'altitude atteint, mais dans l'autre sens!
L'économie de Turpan est majoritairement tournée vers la culture et le commerce du raisin, un peu de vin mais le fruit est majoritairement séché.

Dès notre descente du bus à 8h, on s'est fait "cueillir" par l'agence de tourisme locale qui nous a conduit à l'hôtel soi-disant le moins cher de la ville. L'agence proposait de mettre à notre disposition une voiture avec chauffeur pour effectuer un circuit dont on choisirait les étapes, mais pour que le tarif soit avantageux il fallait au moins être quatre personnes.
Justement, arrivent à l'hôtel un pépé septuagénaire (= visites gratos) de Shanghai et un jeune taïwanais. Le gars de l'agence ne met pas long à leur faire comprendre (penser) que notre sélection de sites à visiter est optimale et qu'ils devraient embarquer à nos cotés pour la journée... affaire conclue!

Vus les tarifs, la prestation (pour une fois loin de pousser à la consommation touristique) et le fait que le chauffeur et les deux autres parlaient un peu d'anglais et étaient d'agréables compagnons de visites, on a pas du tout regretté d'avoir choisi pour une fois ce genre d'option "clé-en-main" qu'on fuie depuis l'expérience pékinoise désastreuse de la Grande Muraille l'année précédente.

Sans perdre une seconde, à peine le temps de pisser (!), direction les grottes de Bezeklik. Les grottes en elles-mêmes ne sont pas exceptionnelles, surtout après avoir visité celles de Magao à Dunhuang, mais le site en lui même a de la gueule: un profond canyon au milieu des Montagnes de Feu. Donc comme le préconisait le gars de l'agence, pas la peine de payer l'entrée, les alentours du parking suffisent, ce qu'a fait Jean-Yves, moi j'aime bien vérifier... quitte à claquer deux euros!

La destination suivante était le village de Tuyoq. Encadré par les Montagnes de Feu, ce lieu a gardé le mode de vie et l'architecture ouïgour traditionnelle. C'est aussi un haut lieu de pèlerinage pour les musulmans (7 Tuyoq = 1 la Mecque). Malheureusement, le vent (à qui on doit notre salut pour la chaleur) était si fort en milieu de journée (raison officielle) qu'on a dû attendre 45min avant de pouvoir accéder au village et on s'est vu flanqué d'une guide locale de 30Kg pour nous protéger des éboulis de quelques tonnes provoqués par le vent (toujours officiellement). Le tombeau sacré et les grottes nous sont restés inaccessibles...
Pour le reste, le village ne manque pas d'un certain cachet et on a plus l'impression d'être au Maghreb ou en Turquie que sur le territoire chinois... contraste saisissant avec les étapes précédentes!
On y a fait la rencontre d'un autre francophone parti de Belgique il y a trois mois en voiture (qu'il a laissé au Kirghizistan, Pékin ayant annulé au dernier moment son autorisation pour circuler en Chine avec son véhicule)!!

Le repas de midi s'est déroulé au beau milieu des vignes et sous les treilles dont les fruits séchés étaient servis en guise de biscuits apéro. On s'est pris un gros plat de poulet, patates, nouilles pour les quatre et, sans se vanter, on a assuré sur le maniement des baguettes en terrain hostile (les nouilles ça glisse!), au moins aussi bien que nos acolytes asiatiques.

Après avoir posé le pépé en ville pour qu'il prenne son train, on s'est tapé la visite sans aucun intérêt d'un "faux" karez (équivalent du puis artésien au Sahara), kitsch et artificiel! Je crois que le taïwanais étais encore plus dégoutté que nous d'avoir jeté 4€ pour ça!

Heureusement, le clou du spectacle de la journée, pour le même prix, était à la hauteur de nos attentes. Les ruines de la cité antique du désert de Jiahoe. Relativement bien conservés, les restes de cette ville qui accueillit jusqu'à 6500 habitants, comprennent des centres administratifs, des temples bouddhistes (immenses), une foret de 101 stupas, de nombreuses habitations et les vestiges des rues et artères de communication.
En déambulant dans ce vaste (presque 2km de long) ensemble de ruines sous un soleil de plomb, comment ne pas imaginer la vie qui s'y déroulait au temps des seigneurs rivaux, des marchands de la Route de la Soie, des caravanes de chameaux et de chevaux chargés de denrées précieuses et sillonnant l'Asie dans toute sa longueur... ça laisse rêveur!

Avant de clôturer la journée touristique, un dernier détour par la mosquée et le minaret Emin, d'un style totalement ouïgour, qu'on a contemplé depuis l'extérieur de l'enceinte, par dessus les hauts murs... le droit de se balader à proximité, sans pouvoir pour autant y entrer, étant facturé 5€!! (trop cher la Chine de l'ouest!).

Après un passage rapide par le bazar de nuit, constitués essentiellement de stands de bouffe locale (on venait de bouffer dans un fast food à défaut de trouver un resto "potable"... dommage ), semblable à la place Jema al-Fna de Marrakech, une bonne douche et un bon gros dodo étaient les bienvenus!

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17/06/08 - Bus pour le Lac Sayram - 20h30

"Ouigouristan or not?"

Après un aller-retour rapide dans les allées du bazar de Turpan, on a attaqué une longue journée de transit en bus entre Turpan et le lac Sayram, au nord ouest du Xinjiang, à a peine une vingtaine de kilomètre de la frontière avec le Kazakhstan.

-Phase numéro 1, rejoindre la capitale régionale Urumqi (en 3h) pour y effectuer un changement de bus.
-Phase numéro 2, choper un bus de nuit pour Yining dans la soirée, à 12h d'Urumqi.
-Phase numéro 3, être réveillé et demander à descendre au bord du lac Sayram, 3h avant d'atteindre Yining (à 4h du matin...).

Pour le moment les deux premières étapes se sont presque bien déroulées, mis à part un petit raté sur l'horaire du bus à cause de l'heure locale non officielle (!). Urumqi nous a laissé la même impression que toutes les villes chinoises déjà traversée: développement à outrance, infrastructures démesurées, puissance industrielle, argent, niveau et coût de la vie semblable à l'Europe...
Bref, on va se faire bouffer par le Péril Jaune! C'est une certitude...

On ne peut pas voyager sur la Route de la Soie au Xinjiang sans devoir prendre le temps d'expliquer un minimum la situation politico-culturelle de cette région très, très particulière par rapport au reste de la Chine. Un pays dans le pays certains diront.

Le Xinjiang est le principal "gros soucis politique" chinois juste avant le Tibet.
Représentant un sixième du territoire chinois, cette région est la patrie des ouïgours qui sont beaucoup plus proches sur tout les plans de leurs voisins d'Asie Centrale (8 frontières avec les pays en -stan) que de leurs compatriotes de l'est. Les ouïgours sont musulmans, ne parlent et ne lisent que très peu le Chinois mais conversent en dialecte ouïgour proche des langues turques et qui s'écrit en arabe. De même, retissants à l'heure officiel de Pékin, les ouïgours opèrent un décalage horaire sauvage de 2h sur le reste de la Chine... Pas très pratique pour nous, modestes touristes...(d'où l'horaire de bus défectueux).

La tradition séparatiste est très encrée ici, et suite à une très forte répression (politique et culturelle) de la part de Pékin (se traduisant par une sinoïsation des cultures et du peuple ouïgour), le terrorisme à gagné du terrain (un bus fait "boum" de temps en temps) et nombreux sont les leaders ouïgours exilés dans les pays frontaliers (de gros problèmes politiques concernant les expulsions de ces derniers gèlent les relations entre la Chine et les pays d'Asie Centrale)...

La raison pour laquelle Pékin tient tant à contrôler cette région d'une main de fer n'est pas très compliquée, le sous-sol du Xinjiang renferme 30% des réserves pétrolières de Chine, c'est sûrement le futur Texas. Et à l'instar de Total et Shell en Afrique, Petrochina n'est pas prés de lâcher le morceau!

Donc ici les officiels n'aiment pas trop voir traîner des occidentaux hors des circuits organisés et sentiers battus, la présence policière est renforcée et les consignes de sécurité drastiques.
Voilà le joli cadre qu'on a choisit pour le reste du voyage!

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18/06/08 - Yourte au bord du Lac Sayram - 22h

"Bienvenue dans les Alpes"

Bon, la phase 3 de notre super plan de transport à foirée... A 4h du matin, en bordure du lac (le bon endroit, vérification GPS... wouhooo les voyageurs du XXI° siècle!), on a eu beau faire quelques tentatives (la gueule dans le cul) pour descendre du bus avec notre billet qu'on pensait être estampillé "lac Sayram" (le caractère "lac" étant présent sur la destination, j'suis un dieu en chinois...!), mais rien à faire... la seule réponse qu'on a obtenu des chinois étaient de grand gestes de désapprobation. Donc en route pour 3h supplémentaire vers Yining avec le lac dans le dos...
Au moins on a pu finir notre nuit...

Arrivé à Yining, on a déniché un taxi collectif "sauvage" (il planquait ses plaques de destinations dès qu'il voyait un uniforme) pour reprendre le chemin à l'envers. En deux heures de rodéo automobile (finalement les taxis népalais sont très doux...) on était de retour au bord du lac, à 2000m d'altitude.
Le plus dur restait à faire, à savoir arriver à louer une yourte sans se faire arnaquer et sans non plus se retrouver dans une tente igloo de la Foire-fouille locale.

Heureusement on a trouvé un jeune interlocuteur magnant suffisamment bien la langue de Shakespear pour qu'on négocie pour deux nuits quelque chose qui a plus des allures de tente de chantier que de yourte kazakhe (la seconde et dernière tente que la famille propose étant une yourte huit place, trop cher!), mais on s'en fout un peu et pour le prix c'est très bien! Pour la bouffe, idem, on se contentera des brochettes de mouton et de quelques légumes, le prix du poisson du lac voisinant avec celui du poissonnier d'Hyper U!

Après un casse croûte et une bonne sieste, on est allé sur les hauteurs dominant le lac. Le style des montagnes ici est totalement identiques aux Alpes, prairies de fleurs, sommets arrondis ou effilés suivant les versants avec quelques glaciers et névés, lacs turquoises... et même des marmottes, plein!...des toutes grasses!!

Magnifique petit coin de paradis où après avoir traversé un champ complet d'edelweiss on se retrouve au sommet d'une crête dominant la plaine qui jouxte le lac aux eaux limpides, parsemée des yourtes des éleveurs nomades et de leurs troupeaux. Même les vaches ressemblent aux abondances ou aux montbéliardes de nos alpages! Mais, chose impossible dans les Alpes, il arrive aussi de se retrouver nez à nez avec un chameau pour rappeler que le continent européen est bien loin et qu'on est bel est bien en Asie!